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Pêche bretonne : «Il manquera 500 marins dans 5 ans»

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Pêche bretonne : «Il manquera 500 marins dans 5 ans»

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Dix ans de prévention des risques professionnels dans le secteur de la pêche... Le thème abordé, à Auray, vendredi, au comité des pêches avait pour objectif de faire le point, mais aussi d'ouvrir des perspectives sur les prochaines années.

Depuis dix ans, les professionnels se mobilisent pour réduire les risques professionnels inhérents au secteur de la pêche. Et les résultats commencent à porter leurs fruits puisque l'on constate une baisse importante du nombre d'accidents graves et de décès par rapport aux années 2000. « Les injonctions réglementaires embêtent sans doute les pêcheurs mais elles les obligent à être plus vigilants, plus sérieux et à changer leurs habitudes, notamment en portant les vêtements de travail à flottabilité intégrée (VFI) mais également en traitant toutes les conduites addictives. Aujourd'hui, on en parle, ce n'est plus un tabou et l'on a réussi là encore à progresser », assure Guillaume Sellier, directeur interrégional de la mer. Mais si cette prise de conscience collective a permis des avancées dans le secteur de la sécurité, elle ne doit pas s'arrêter là.

Renouveler les cadres

Aujourd'hui, le monde de la pêche doit faire face à plusieurs difficultés. Ce secteur maritime souffre d'une flotte vieillissante et d'une pénurie de main-d'oeuvre. « De nos jours, le monde de la pêche n'attire plus. Pourtant, c'est un secteur qui permet de très bien gagner sa vie, même avec un CAP. Le salaire moyen peut dépasser rapidement les 2.000 € par mois. Nous devons absolument redorer une image qui nous colle à la peau. Celle de l'incendie du Parlement de Bretagne et des feuilles de paye négatives. Tout cela, c'est terminé », ajoute Olivier Le Nezet, président du comité régional des pêches de Bretagne.

 

La moyenne d'âge des cadres se situe entre 45 et 50 ans. Ce qui signifie que, dans les cinq ans à venir, 15 % des marins bretons seront à la retraite alors que l'on ne forme que 5 %. « Il y a un vrai trou d'air que l'on ressent maintenant. On doit faire face à un changement générationnel. On peut dire clairement que, dans 5 ans, il manquera entre 500 et 600 marins. C'est donc un métier porteur qui embauche et où les risques sont beaucoup moins importants qu'avant », note Olivier Le Nezet.

Une flotte vieillissante

Autre facteur inquiétant, celui de la flotte. « Les navires ont en moyenne 30 ans, certains affichent même 60 ans. Autant dire que le renouvellement de la flotte est un véritable enjeu pour la sécurité et pour attirer des candidats qui attendent une qualité et un confort de travail. « Les bateaux que l'on construit aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec ceux d'hier, notamment côté ergonomie. Ce sont de vrais avions de chasse », estime Guillaume Sellier. Il faut donc investir.

Un article de la rédaction du Télégramme