Pêche
Pêche : Ce que Bruxelles envisage en cas de Brexit dur
ABONNÉS

Actualité

Pêche : Ce que Bruxelles envisage en cas de Brexit dur

Pêche

Pour les banquiers, les simples citoyens ou les compagnies aériennes, la perspective d’une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union n’est certes pas réjouissante, mais au moins, à court terme, c’est-à-dire jusqu’à fin 2019, ils savent, d’ores et déjà, qu’ils peuvent compter sur le statu quo. Il n’en est pas encore de même pour les pêcheurs. Dans leurs « plans d’urgence », les législateurs européens doivent envisager tous les cas de figure, y compris le pire.

Première hypothèse : le Royaume-Uni « ferme ses eaux ». Dans ce cas, de nombreuses pêcheries seraient menacées. « Selon des calculs pas tout à fait publics, on pêche 4 à 5 fois plus dans les eaux britanniques que les Britanniques ne pêchent dans nos eaux », a indiqué un représentant de la Commission aux députés européens cette semaine. « Nous faisons déjà face à des demandes de compensation », a-t-il ajouté.

Le fonctionnement du Fonds pour la pêche, le FEAMP, qui prévoit actuellement des aides extraordinaires uniquement en cas de chute soudaine du stock de poissons, va donc être adapté, mais ses moyens ne seront pas augmentés. « Nous espérons permettre aux États d’aider leur flotte », a-t-il indiqué.

Seconde hypothèse : le Royaume-Uni reprend le contrôle mais permet aux navires européens d’accéder à ses eaux. Les problèmes seraient alors d’ordre administratif, car le Royaume-Uni redevenu indépendant, il faudra obtenir des autorisations pour « des centaines, voire des milliers de navires », alors que les procédures actuelles sont prévues pour des cas individuels. De surcroît, le système d’échange de quotas qui donne de la flexibilité aux pêcheurs sera facilité. Là encore, la législation européenne sera adaptée.

 

« les Britanniques ne sont ni prêts, ni clairs »

Le secrétaire d’État à l’Environnement Michael Gove avait déclaré, en octobre, devant le parlement britannique : « Nous honorerons l’engagement pris en décembre 2018 que nous quittions (l’UE) avec un deal ou sans » même si « théoriquement nous aurions pu prendre une approche différente ». Mais cette promesse « n’a pas encore été confirmée », indique la Commission. Une « notice » sur la pêche en cas de « hard Brexit » publiée en janvier par le gouvernement May ne fait pas mention du souci d’assurer une « continuité » dans l’accès aux eaux.

« Les pêcheurs sont inquiets ; l’Union européenne est prête, les Britanniques, eux, ne sont ni prêts ni clairs », déplore Alain Cadec. Ces derniers auraient besoin d’accéder au marché européen pour écouler leur propre pêche. Pour l’instant rien de tel n’est prévu, sauf évidemment dans le cas où la première ministre Theresa May parvenait à faire passer le « deal » qui prévoit une longue transition jusque fin 2020 au moins. Interrogé par des députés, le représentant de la Commission n’a rien voulu dire d’éventuelles tractations pour écarter l’option la pire.

Un article de la rédaction du Télégramme