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Pêche : dernier inventaire avant Brexit
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Pêche : dernier inventaire avant Brexit

Les traditionnelles discussions sur les quotas de pêche se déroulent actuellement à Bruxelles. Cette année, ce seront les dernières avec la Grande-Bretagne pour cause de Brexit.

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Dans le lobby du bien nommé Thon Hotel où les représentants de pêcheurs se retrouvent chaque fin d’année, Barrie Deas attend entouré de ses collègues et concurrents européens le résultat de la négociation entre ministres européens sur les droits de pêche attribués pour 2020. Comme tous les ans, sauf que cette année, pour lui, est la dernière. Le directeur de la puissante National Federation of Fishermen Organisations, l’équivalent britannique du Comité national des pêches, qui a milité activement en faveur du Brexit, lâche avec soulagement : « C’est la dernière fois que nous travaillons de cette manière ».

D’ici quelques semaines, le Royaume-Uni quittera l’Union européenne. Avec lui, ce n’est pas juste une chaise autour de la table du Conseil des ministres qui va disparaître mais une part considérable des stocks de poissons que les ministres partagent chaque année au terme de 48 heures de négociation entre les pêcheries européennes. Une part qui s’élève à environ 40 % des droits des pêcheries de la façade Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord.

 

Base de futures négiciations ? 

Les Européens aimeraient conserver leur accès aux eaux britanniques et voient la répartition décidée pour la dernière fois à Vingt-Sept cette semaine comme « un précédent » sur la base duquel engager la négociation d’un futur accord de pêche entre le Royaume-Uni et l’Union. « Je ne pense pas » que les choses se passeront ainsi, assure au contraire Barrie Deas. Les Britanniques veulent reprendre les choses à la base : reparler de l’accès à leurs eaux, revoir les actuels « quotas » (qui déterminent les droits respectifs de chaque pays sur chaque zone de pêche). Leur modèle : la Norvège, avec laquelle l’UE négocie bilatéralement chaque année à partir de juillet les droits de l’année suivante.

Les pêcheurs européens, qui ont passé l’année dans l’angoisse, savourent encore le répit offert par la période de transition qui commencera au début de l’année prochaine. « Une chose après l’autre », explique une source française, les yeux rivés sur sa tablette, dans l’attente des résultats du Conseil des ministres qui indiquera les droits 2020. Pourtant, concède une autre source, « il y a une prise de conscience de l’industrie de la pression du Brexit ». « On regarde l’avenir avec beaucoup d’appréhension ». Les mois à venir seront cruciaux, car si les négociations patinent, le spectre d’un « hard Brexit » ressurgira à l’horizon 2021.

Un article de la rédaction du Télégramme