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Pêche électrique : Sous haute tension

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Pêche électrique : Sous haute tension

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Robin des Bois, Bloom, Mor Glaz, Apecs... Tous dénoncent cette pratique expérimentée depuis des années par certains chalutiers européens, dont majoritairement des hollandais. Le principe consiste à installer un système sur le chalut qui établit un courant électrique de basse intensité sur l'engin travaillant sur le fond. Le courant vient étourdir les poissons plats et les crustacés nichés dans le sédiment. Le tout, toutes espèces confondues, termine plus facilement au fond du filet.

Économique mais sans dommage ?

La technique est réputée plus efficace qu'un chalut conventionnel. Ses défenseurs argumentent les économies de carburant et le moindre impact direct sur les fonds. Mais que se passe-t-il sur le milieu dans son ensemble ? Les pêcheurs professionnels qui défendent une pêche durable et responsable évoquent un désastre absolu au passage de ces engins électrisés.

Quelle est l'incidence de ce courant électrique sur les animaux marins ? Il existe peu de résultats sur la question. D'autres poissons et mammifères, autres que ceux qui finissent dans le filet, sont-ils impactés par cette technique de pêche loin de faire l'unanimité ?

Pour les défenseurs de cette technique déjà utilisée en Europe, le courant électrique n'aurait qu'un effet limité à l'entourage proche du chalut et temporaire sur les poissons qui sortiraient rapidement de leur état de paralysie. Pour certains chercheurs qui se sont intéressés à cette technique, les effets de l'électricité auraient des conséquences réellement observables sur les poissons pêchés, avec des lésions visibles dues au courant reçu.

Pour les autres scientifiques qui n'entrevoient pas de conséquences directes sur les organismes, il importe toutefois de faire preuve de prudence sur le sujet et d'appliquer le principe de précaution. C'est justement la position d'Éric Stéphan, de l'Apecs (Association pour l'étude et la conservation des sélaciens). Particulièrement au sujet des raies et des requins qui font l'objet d'une protection de la part de son association basée à Brest.

« Les raies et requins sont électrosensibles, on ne connaît pas l'impact d'une telle pêche sur leur organisme. Ces chaluts électrifiés auront-ils des effets attractifs ou répulsifs ? On sait que les pêcheurs français sont majoritairement opposés à ce procédé », commente-t-il.

« Sans distinction de taille et d'espèce »

Pour Robin des Bois, une des premières associations françaises à avoir critiqué la technique, on peut la comparer à un « taser pour animaux marins », qui frappe sans distinction de taille et d'espèce.

L'association brestoise Mor Glaz demande que « cette méthode de pêche soit interdite, les dérogations existantes suspendues, et supprimées si nécessaire ! ». « Connaît-on précisément l'impact du courant électrique sur les organismes dont se nourrissent les poissons plats sur le fond ? », interroge Jean-Paul Hellequin.

Enfin, l'association Bloom poursuit la diffusion de sa pétition contre cette technique de pêche.

Un article de la rédaction du Télégramme