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Pêche : L’accès aux eaux britanniques pourrait être prolongé

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Pêche : L’accès aux eaux britanniques pourrait être prolongé

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La rumeur enflait, elle s’est finalement avérée juste : mercredi, la Commission européenne a dévoilé des « plans d’urgence » pour la pêche en cas de sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union européenne le 29 mars prochain. Ils se résument en deux mots : de l’argent et/ou des poissons. D’un côté, l’exécutif européen propose de débloquer des aides d’urgence en faveur des pêcheries qui subiraient directement une fermeture brutale des eaux britanniques à leurs navires. De l’autre, elle se dit prête à ouvrir l’accès aux eaux européennes au Royaume-Uni jusqu’à la fin de l’année « pour autant que ce dernier accorde cet accès » aux pêcheurs européens. En un mot, elle propose le statu quo, sur la base du règlement TAC et quotas agréé fin décembre, sous réserve de réciprocité.

« Une discussion intelligente »

 

« C’est une étape importante qui confirme que l’on peut compter sur une discussion intelligente entre le Royaume-Uni et la Commission européenne », a déclaré le président de la région Bretagne Loïg Chesnais-Girard au Télégramme suite à cette annonce. Coïncidence, il se trouvait à Bruxelles mercredi matin au moment précis où le collège des commissaires européens validait ces plans. « Les discussions que je peux avoir me montrent que les débats en cours entre les Vingt-Sept et le Royaume-Uni intègrent ce sujet parmi d’autres », avait-il alors déclaré lors d’une conférence de presse, n’étant toutefois pas au courant de ce qui était sur le point d’être rendu public. Et d’ajouter : « en cas de crash absolu, nous aurons besoin d’un soutien financier majeur ».

 

Sécuriser l’activité

 

Le maintien du statu quo, fût-ce pour neuf mois seulement, aurait l’avantage de sécuriser l’activité le temps de trouver un nouveau modus operandi avec le Royaume-Uni. Mais il est loin d’être acquis.

 

Autant la Commission européenne a la main sur l’utilisation des moyens du FEAMP (le fonds européen d’aide à la pêche), autant l’ouverture des eaux britanniques aux pêcheurs européens ne dépend pas d’elle. L’intérêt du Royaume-Uni, dont les pêcheurs ne réalisent que 20 % de leurs prises dans les eaux européennes, contre 40 % pour les Européens dans les eaux britanniques, serait surtout de pouvoir continuer à écouler les produits de sa pêche sur le marché européen avec le moins de taxes et d’obstacles possibles. Or la Commission européenne ne peut rien proposer sur ce point sans compromettre le reste des négociations, plus large, sur les relations futures entre le Royaume-Uni et l’Union.

Ces propositions arrivent au moment où l’éventualité d’une demande de report du Brexit par le gouvernement britannique augmente, en raison de l’opposition d’une majorité de députés britanniques à un hard Brexit. Cela renforce la position des Vingt-Sept dans les négociations qui pourraient reprendre en cas de nouveau rejet du « deal » le 29 janvier, à Westminster.


Un article de la rédaction du Télégramme

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