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Pêche : le Stellach II sort du chantier Hénaff 
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Pêche : le Stellach II sort du chantier Hénaff 

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Événement ce jeudi 4 avril au port du Guilvinec où le Stellach II sera mis à l’eau. Le coquillier-goémonier en bois va rejoindre Portsall, son port d’attache. Cette construction neuve du chantier naval Hénaff a demandé près de neuf mois de travail. 

 

 

C’est l’effervescence au chantier naval Hénaff. Tout le monde s’active sous le hangar. J-1 avant la mise à l’eau du dernier né : le Stellach II. C’est la première construction neuve depuis 2013 et la sortie le Lagon, un chalutier langoustinier de 14,90 m. C’est donc un événement que s’apprête à vivre, jeudi matin, le port du Guilvinec. La manœuvre sera effectuée par une grue de 200 t. Spectacle garanti. Mais le Stellach II ne s’est pas fait en jour. Sa construction a débuté en août 2018. Les plans de ce coquillier-goémonier ont été réalisés par le bureau d’architecture et d’études Coprexma basé à Pont-l’Abbé. « Il a repris les formes du Stellach construit en 1965 au chantier Sibiril de Carantec », explique Jacques Hénaff, directeur de l’institution bigoudène. Le Stellach appartenait à Régis Bouzeloc qui a décidé de le remplacer. Son successeur mesure 10,99 m de long pour 5,05 m de large (et 1,71 m de creux). Il aura pour port d’attache Portsall et pratiquera le dragage des coquillages en rade de Brest en période hivernale. Le reste de l’année, il récoltera le goémon (laminaria digitata et laminaria hyperboréa) devant Portsall. Le chantier Hénaff n’avait encore jamais construit de goémonier

« Faire tout de A à Z, c’est très formateur »

Ce navire est propulsé par un moteur John Deere. Les membrures (ensemble de poutres transversales attachées à la quille qui soutiennent le pont) et les bordés sont en chêne. Le pont et la cale à goémon sont en contreplaqués stratifiés. Éric Dorval, chef d’atelier et son équipe composée de six charpentiers y auront consacré près de neuf mois de travail. « Il y a une ambiance qui se crée autour d’un tel projet. On partage de véritables tranches de vie », confie Jacques Hénaff. « Faire tout de A à Z, c’est très formateur. Il faut adopter un certain rythme de travail, ne pas vouloir aller trop vite », explique quant à lui Rémi. Le jeune charpentier de 26 ans a été recruté l’été dernier. Il a fait ses armes aux Ateliers de l’enfer à Douarnenez. Il incarne cette nouvelle génération de charpentiers de marine qui a récemment intégré le chantier Hénaff. Afin de limiter les frais, Régis Bouzeloc a réalisé lui-même les travaux mécaniques, électriques, électroniques et hydrauliques. Les finitions, elles, seront directement réalisées à Portsall.

 

Jacques Hénaff vient de transmettre son entreprise à sa fille Pauline Hénaff-Jézéquellou.
Jacques Hénaff vient de transmettre son entreprise à sa fille Pauline Hénaff-Jézéquellou.

 

Jacques Hénaff passe le relais à sa fille Pauline

La petite entreprise ne connaît pas la crise. L’an dernier, des travaux de rénovation ont été effectués sur deux chalutiers bois du Guilvinec : l’Ar Vro Vigoudenn (12,74 m) et le Maris Stella (12,77 m). Et 2019 ne devrait pas connaître de temps mort. Des investissements sont programmés. Le chantier va accueillir le Kervily pour une refonte. Ce langoustinier a été construit au Guilvinec en 1983. Il sera doté d’une étrave verticale jusqu’à la flottaison et équipée d’une hélice en tuyère. « Notre activité se concentre habituellement sur de la rénovation, les jeunes n’ayant plus les moyens d’acheter du neuf », explique Jacques Hénaff. Ce dernier vient de passer le relais à sa fille Pauline Hénaff-Jézéquellou après 42 ans aux commandes. Elle devient la quatrième du nom à la barre de l’entreprise depuis la création du chantier en 1928 par son arrière-grand-père Jacques dit « Jakes ». « Nous sommes très contents d’avoir pu construire le Stellach II. C’est gratifiant de reprendre une société par une construction neuve », commente la jeune femme âgée de 27 ans.

Un article de la rédaction du Télégramme