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Pêche : Le torchon brûle entre ligneurs et bolincheurs à Concarneau

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Pêche : Le torchon brûle entre ligneurs et bolincheurs à Concarneau

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Sur le port de Concarneau, le ton monte entre pêcheurs suite à une importante prise de bar, la semaine dernière, par un bolincheur. Doté d'un filet tournant, la "bolinche", ce type de bateau doit pêcher du poisson bleu, c'est-à-dire de la sardine, du maquereau ou encore du chinchard. Poisson blanc, tout comme la daurade, le bar est, en revanche, la chasse gardée des patrons de ligneurs. Accusés de remonter sciemment dans leurs filets du poisson blanc, les bolincheurs se défendent en évoquant des prises accidentelles. « C'est un hasard. Les bateaux ne ciblent pas le bar car on est incapable de déterminer où est le poisson. On sait où se trouvent les chinchards, où on peut pêcher de la sardine et du maquereau, mais le bar, ce n'est pas notre métier », a affirmé à France 3 Ouest Didier le Gloanec. La version du président de l'association des bolincheurs de Bretagne est loin de convaincre dans les rangs des ligneurs, qui dénoncent des prises à répétition. « On n'y croit pas du tout. Ces bateaux ont des systèmes de détection et ils sont tellement au point qu'ils savent très bien sur quoi ils tournent », rétorque Gwanaël Pennarun, président de l'association des ligneurs de la pointe Bretagne.
Il y a trois ans, un premier conflit avait éclaté suite à la prise de 23 tonnes de bar. Les deux professions s'étaient alors mises d'accord pour limiter à quatre tonnes par semaine les prises de bar par les bolincheurs. De nouveaux très remontés, les ligneurs réclament des garanties : « On attend un engagement des armements à respecter et on veut une transparence de ce qu'ils font exactement, autrement on va durcir vraiment le ton et demander à ce qu'ils soient exclus de certaines zones pour être sûrs qu'ils ne tapent pas dans des ressources telles que le bar ou la dorade ». De son côté, Didier le Gloanec affirme que les bolincheurs sont victimes d'attaques infondées : « A chaque fois ce sont des attaques à répétition contre notre métier mais ça ne se passe qu'une fois ou deux dans l'année et ca ne représente même pas 1% de la capture de bar nationale. Moi, je vois des attaques déguisées pour que certains s'approprient les zones de pêche ».
Afin d'éviter le conflit, une réunion en ligneurs et bolincheurs est prévue mercredi prochain à Quimper.