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Pêche : Les commandes de bateaux affluent en Bretagne

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Pêche : Les commandes de bateaux affluent en Bretagne

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Comme Gléhen, qui lançait jeudi un nouveau bateau de pêche au Guilvinec, la plupart des chantiers navals bretons ont un carnet de commandes bien rempli. Surtout pour la pêche artisanale, car la perspective du Brexit inquiète davantage la pêche hauturière.

Chaque lancement de bateau est un moment magique pour les pêcheurs comme pour le public. Après avoir été mise à l’eau, jeudi , au petit matin, en raison de la marée, la coque d’Oasis II a fièrement quitté le chantier Gléhen du Guilvinec dans l’après-midi. Le jeune armateur bigouden, Julien Le Brun dont c’est la cinquième unité, a savouré l’instant. Pour leur part, les Guilvinistes étaient au spectacle. Après des manœuvres délicates, la coque de 14,90 m est passée sous le vieux pont pour rejoindre le terre-plein du port où elle sera entièrement équipée ou « armée » dans le jargon naval. Une image forte car, depuis près de 20 ans, aucun bateau de pêche n’avait plus suivi ce trajet. Le chantier Gléhen (aussi à Douarnenez) a en effet récemment réinvesti les lieux pour mieux répondre à l’ensemble de ses commandes. Et une image symbolique, car tous les chantiers navals bretons voient affluer les commandes de bateaux de pêche.

Une période de vaches maigres

Ce n’était pourtant pas gagné. Ébranlée par les crises successives qui ont secoué le monde de la pêche depuis les années 70, la construction navale bretonne a dû diversifier sa production pour se maintenir à flot. Chaque chantier a élaboré sa stratégie en se repositionnant sur la navale militaire, les bateaux de travail, les vedettes à passagers, etc. « Chez Gléhen, explique son directeur Gaël Guillemin, on s’est lancé en 1992 dans les vedettes à passagers et les barges ostréicoles. Dans les années 2000, on s’est intéressé à la fluviale et aux bateaux de servitude, en 2013 au militaire et en 2018 à l’offshore pétrolier… ». 

Si Gléhen a continué à construire des chalutiers de 25 mètres et des bateaux plus petits comme celui de Julien Le Brun à Douarnenez et au Guilvinec, d’autres y ont renoncé. Ou, tout au moins, ils ont cessé de produire des petites unités, comme Piriou (Concarneau - Lorient). Le groupe a privilégié pendant cinq ans (dans l’Hexagone pas au Vietnam) les navires hauturiers de 30 à 80 mètres. Avant de revenir aujourd’hui à de plus petites dimensions.

Des positions contrastées selon les armements

Car, depuis quatre à cinq ans, les demandes des pêcheurs artisans sont nettement à la hausse. Fileyeurs, coquilliers et autres petits chalutiers passent des commandes de bateaux neufs. « Le prix du gasoil est stable, le poisson se vend plus cher et quand les bateaux vieillissent, il devient intéressant d’investir ses bénéfices dans un bateau plus rentable, plus sûr et moins consommateur d’énergie », remarque Georges Bernard (Chantier Bernard - Locmiquélic). Un point de vue que partage Yannick Bihan (Chantiers de Bretagne sud - Belz). D’autant que les banques suivent. Les emprunts se font sans problème sur 25 ans. Et même si la langoustine a eu du mal à sortir de son terrier l’an dernier, Julien Le Brun (37 ans), l’armateur bigouden, reste optimiste. La pêche devrait rester bonne entre Belle-Ile (56) et Ouessant (29). 

Dans les gros armements, la situation est plus contrastée. Si Porcher (Saint-Malo) continue à passer commande de bateaux neufs au chantier malouin de la Socarenam, d’autres, comme Scapêche (Lorient), sont plus prudents. La perspective du Brexit et d’une éventuelle fermeture des eaux britanniques n’incite pas à la dépense.

Un article de la rédaction du Télégramme

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