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Pêche : Les quotas 2006 fixés après deux jours de négociations à Bruxelles

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Pêche : Les quotas 2006 fixés après deux jours de négociations à Bruxelles

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Tous les Etats de l’Union ont voté l’accord, à l’exception de la Suède. Après 48 heures de discussions entre les 25 ministres des pêches, un accord a finalement été obtenu, tôt, hier matin, sur les captures autorisées l’année prochaine. Les propositions de Bruxelles ont de manière générale été revues à la baisse, mais la réduction progressive et durable des quotas semble se dessiner. Ainsi, pour les espèces de grands fonds, comme le grenadier, le sabre et l’empereur, la Commission européenne proposait une réduction du nombre de jours de pêche de 20%. « Nous avons obtenu que la baisse de l’effort de pêche soit limité à 10% », s’est félicité Dominique Bussereau. Pour Joe Borg, commissaire européen à la Pêche, « l’accord confirme une approche graduelle qui permet la protection et la reconstitution des stocks de poisson en même temps que la poursuite des activités des pêcheurs ». Outre une réduction de moitié des restrictions souhaitées par la Commission, le ministre français a également décroché une réouverture de l’anchois en mars, une décision presque inespérée après le refus des pêcheurs espagnols d’adopter une position commune avec leurs homologues français.

Réouverture de l’anchois en mars

Dominique Bussereau, qui a évoqué une réunion « extrêmement difficile », parle d’accord « intéressant ». L’optimisme est évidemment mesuré car, si les bateaux pourront repartir dans deux mois, le quota alloué est très faible. Les chalutiers ne pourront relever que 500 tonnes d’anchois, auxquelles s’ajoutent 500 autres tonnes échangées avec les Espagnols. Ces derniers, qui travaillent exclusivement avec des bolinches, grands filets servant de viviers géants, sont autorisés à pêcher de mars à juin. Au port de La Turballe, où la décision était attendue avec anxiété, l’ambiance est mitigée : « Ca donne un peu d’espoir et ça permet surtout de calmer les esprits. Le point positif, c’est que la pêche n’a pas été complètement fermée », souligne Nolwenn Gace, du Comité local des pêches. Les professionnels, qui souhaitaient reprendre la mer avec un petit quota, espéraient 2000 à 3000 tonnes, à comparer avec les 12.000 tonnes accordées ces dernières années.

En attendant le résultat des études scientifiques

Pour Dominique Lebrun, présidente du CLT, « Il y a eu un effet psychologique et une euphorie pendant quelques minutes, mais les pêcheurs ont vite réalisé que 5 ou 10 tonnes par bateau, ça ne changeait rien ». Les 1000 tonnes allouées seront en effet à répartir sur plus de 80 navires. Mars est par ailleurs la « plus mauvaise période » de la campagne hivernale, janvier étant traditionnellement le moment où les passages d’anchois sont les plus fréquents. Après cette première ouverture du 1er au 31 mars, les ministres européens ont décidé de permettre une seconde phase de pêche, à compter du 1er juin. Cette dernière est toutefois plus hypothétique, car soumise aux conclusions des études scientifiques qui seront menées en mai. Si les stocks se révèlent trop bas, le golfe de Gascogne sera immédiatement fermé aux pêcheurs d’anchois.

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