Pêche
Pêcheurs de complaisance...

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Pêcheurs de complaisance...

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Pas moins de 1200 navires de pêche se seraient enregistrés cette année sous un pavillon de complaisance. C’est la conclusion d’une étude réalisée par le Fond mondial pour la nature, la Fédération internationale des transports et le gouvernement australien. Selon cette enquête, cela représente 15% de la flotte de pêche mondiale. Les pays les plus prisés par ces chalutiers, dont beaucoup sont considérés comme pratiquant des prises illicites, sont le Belize, le Honduras et Panama. « Ce sont des pays où on peut acheter un pavillon pour quelques centaines de dollars, et ensuite, on les envoie pêcher n'importe où dans le monde », précise Patrice Caron, inspecteur à la Fédération internationale des transports, interrogé par Radio Canada (*).

« Far West » maritime

Grâce aux pavillons de complaisance, les armateurs parviennent à cacher leur identité et en profitent pour violer les lois internationales. Simon Kripps, du Fond mondial pour la nature, n’hésite pas à parler de « véritable Far West » maritime. La France, notamment dans ses possessions en Océan indien connaît bien le problème. Depuis des années, des propriétaires espagnols sont soupçonnés d’envoyer des palangriers sous pavillon uruguayen pour piller les réserves de légine. L'atoll de Clipperton, au large du Mexique, est également soumis a une intense campagne de pêche illicite. Ces dernières années, les autorités canadiennes n'ont pas hésité à montrer clairement du doigt l'Espagne et ses armateurs peu scrupuleux. Le rapport cite également des entreprises taïwanaises comme principaux bénéficiaires de ce marché noir, estimé à plus d’un milliard de dollars. Outre les espèces rares, le thon serait également très prisé des navires braconniers, aussi bien en Atlantique que dans le Pacifique.

Ile Maurice, paradis des pavillons de complaisance

Maurice fait partie des 21 pays épinglés par le rapport. Cette année, environ 25 navires y auraient été enregistrés sous pavillon de complaisance, soit environ 2% des immatriculations réalisées localement. Le tonnage moyen de ces bateaux atteindrait 400 tonnes pour un âge de 30 ans. Les autorités mauriciennes parlent de confusion avec la Mauritanie et affirment que moins de dix navires ont été concernés en 2005. Les autorisations ne portent par ailleurs que sur des pêches dans les eaux territoriales. Aucun incident n’est mentionné par le ministère mauricien des pêches qui, interrogé par l’Express (**), indique que : « Si des bateaux font de la pêche illégale, il est probable que ce sont des navires pirates qui utilisent des pavillons de Maurice à notre insu ».

(*) Voir le site de Radio Canada

(**) Voir le site de L'Express