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Pêcheurs : Olivier de Kersauson à la com'

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Pêcheurs : Olivier de Kersauson à la com'

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Une nouvelle aventure pour Olivier de Kersauson : il prend, cette fois, la casquette de «consultant» pour le Comité national des pêches. Homme de la mer et de la com', il fait le pari de montrer bientôt, avec ses «frères», la vraie image du métier de pêcheur. Embarquement immédiat.
«On va pas s'gêner!»: c'est à la radio qu'Olivier de Kersauson officie, parfois, l'après-midi. Hier, à Paris, devant les membres du Comité national des pêches, celui qu'on surnomme l'Amiral ne s'est pas gêné non plus. Il leur a parlé franchement, «d'homme à hommes», pour leur dire leurs quatre vérités. Tout d'abord, s'il accepte d'embarquer avec le monde de la pêche, c'est parce qu'il a pour lui «un profond respect». «Le mot est tellement galvaudé mais tellement vrai aussi, poursuit Olivier de Kersauson: j'ai un rapport fraternel avec les pêcheurs. On est du même monde». Affaire de style: il ne peut pas le dire comme ça mais, en deux mots, il les aime...

Ne plus voir les pêcheurs «maltraités»

Ceci dit, le monde de la pêche est en crise. L'image des pêcheurs n'est pas bonne. Kersauson ne supporte pas de les voir «maltraités». «Ce monde est, dit-il, en souffrance, parce que celui qui évolue autour des pêcheurs devient de plus en plus virtuel alors que eux, ils sont dans le réel!». Le Comité national des pêches est venu le chercher. Attention, il n'est pas, dit-il, leur porte-parole. Il est consultant du comité. Il connaît la mer, la com'... Il est là pour les aider. Pas pour rien tout de même. Mais c'est quoi, souligne le patron du Comité national, le prix d'une ou deux émissions aux «Grosses têtes!». Depuis plus de 40 ans, Kersauson est sur la mer. La pêche, il connaît. «Je suis suffoqué quand j'entends dire des choses qui sont fausses», assure-t-il. L'image du pêcheur est, à ses yeux, «injuste». «On les fait communiquer à chaud sur des trucs qui les humilient. Ce ne sont pas des délinquants. Ce sont des gens qui font un métier magnifique!». Encore faut-il qu'ils fassent des efforts. À eux de proposer au lieu d'attendre que tombent les diktats de Bruxelles ou des ONG», explique l'Amiral.

«Prenez le pouvoir!»

Quelques recettes déjà. «Le métier de marin fait que vous êtes souvent absent. Et comme tous les absents, vous avez tort!», dit-il aux pêcheurs. «Dans votre dos, les gens qui ne connaissent rien à la mer ont tout le temps d'imaginer, d'inventer, alors qu'ils ne connaissent pas les réalités maritimes». Un exemple: les gens veulent des éoliennes partout, des gens qui n'ont jamais mis les pieds en mer. Qu'on demande au moins à ceux qui la connaissent où les mettre». «Prenez le pouvoir! Ne laissez pas les autres parler à votre place. Expliquez qui vous êtes, ce que vous faites», recommande le professeur Kersauson. «Arrêtez de réagir à chaud!», exige l'Amiral. C'est la crise et c'est souvent le cas... Le pêcheur a à peine mis le pied sur le quai que caméras et micros débarquent. Le pêcheur vient de loin. Le résultat, c'est normal, n'est pas toujours génial... ce qui peut mettre le pêcheur hors de lui». Le boulot de fond, Olivier de Kersauson va le démarrer avec ses nouveaux amis. Ça va prendre du temps. Il va, comme il le fait avec ses équipages, attaquer un travail d'analyse. Il faut, dit-il, savoir «qui on est, ce que l'on fait, pourquoi on fait ça. Après, on parlera». Avec des réponses argumentées cette fois. «On peut encore se faire agresser X mois. Il faudra du courage. On se tait. On laisse tout le monde raconter n'importe quoi. Ce n'est pas grave. Mais quand on parlera, on nous entendra! Si j'arrive à faire cela, je me dis qu'au moins, j'aurai fait quelque chose de bien!», soupire Olivier de Kersauson.

Catherine Magueur, Le Télégramme