Marine Marchande
Pegasis : « Ca prendra le temps qu’il faudra » dit Jean-Marc Roué

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Pegasis : « Ca prendra le temps qu’il faudra » dit Jean-Marc Roué

Marine Marchande

 

 

« Notre plan de transition énergétique dont le Pegasis est la pierre angulaire, c'est un programme de 400 millions d'euros ! Tout se mettra en place mais ça  prendra le temps qu'il faudra ».  Jean-Marc Roué, le président de Brittany ferries a réagi hier à  l'annonce récente de la direction de STX France de repousser la mise en chantier du super-ferry au gaz naturel  commandé par  la compagnie bretonne, faute pour cette dernière d'avoir pu  boucler son budget.

 

Le projet Pegasis (© : STX FRANCE)

Le projet Pegasis (© : STX FRANCE)

 

« Un boulot monstrueux »

 

Mais le président de l'armement de Roscoff n’entend pas communiquer trop précisément sur le sujet. « Je ne donnerai pas de détail stratégique sur ce plan. Ce que je peux dire c'est que ce sera long. Les financeurs privés nous écoutent mais il faut les convaincre. C'est un boulot monstrueux », indique Jean-Marc Roué en faisant valoir que la compagnie sort d'une mauvaise passe.  « Nous avons perdu 70 millions d'euros de 2009 à 2012. Nous avons retrouvé un exercice équilibré en 2013 mais pour autant, malgré notre plan de retour à la compétitivité, nous n'avons pas révolutionné nos capacités financières », poursuit le président de Brittany Ferries, évoquant par ailleurs la « faiblesse »  de l'accompagnement public. « Il y a eu un effort de fait mais il est tardif et insuffisant », affirme-t-il.

 

L'Etretat est exploité au Havre depuis le printemps (© : FABIEN MONTREUIL)

L'Etretat est exploité au Havre depuis le printemps (© : FABIEN MONTREUIL)

 

Présence renforcée au Havre ?

 

En revanche, la compagnie pourrait bientôt renforcer sa présence sur le port du Havre, sa concurrente DFDS ayant  annoncé lundi qu'elle allait fermer sa ligne Le Havre-Portsmouth d’ici la fin de l’année. DFDS avait repris cette ligne en 2012 après l’intégration des activités de LDLines sur la Manche. En dix ans d'exploitation, cette liaison n'a été bénéficiaire qu'en 2007. Pour Jean-Marc Roué cette décision découle de la future application de l’annexe VI de la convention Marpol (via la « directive soufre » adoptée par l’Europe) qui va imposer à partir du 1er janvier de nouvelles règles environnementales pour les bateaux.  « J'ai toujours dit que l'application de ces normes ne se ferait pas sans douleur ».

En tous cas Brittany Ferries entend bien transformer le départ de DFDS en opportunité.  « On va regarder rapidement si l’on peut augmenter nos fréquences ». Actuellement, Brittany Ferries assure une traversée quotidienne entre Le Havre et l’Angleterre avec l'Etretat en semaine et Le Normandy Express le week end.

 

Un article de Frédérique Le Gall, de la rédaction du Télégramme

Brittany Ferries