Histoire Navale
Pen Duick : La renaissance d’un mythe

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Pen Duick : La renaissance d’un mythe

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« Comme un cadeau qu’on déballe » pour Jacqueline Tabarly. La fin d’un long travail pour les ouvriers du Chantier du Guip. Le premier Pen Duick a émerveillé tous ceux qui étaient présents, dès qu’il s’est défait des bâches qui l’entouraient. « Je mets au défi quelqu’un qui n’a pas vu le bateau depuis trois ans de le revoir à flot et de savoir qu’il y a eu des travaux dessus ». Arnaud Pennarun, maître d’ouvrage, a l’air épuisé mais fier. Il a fallu travailler sans arrêt pour en arriver à un tel résultat. « C’est toujours les finitions qui prennent le plus de temps ».

 

Né en Ecosse en 1898, acheté ensuite par Guy Tabarly en 1938, le Pen Duick devient en 1952 le premier bateau d’Éric Tabarly. Le Nantais a alors 21 ans et ne quittera plus son voilier, la rendant un emblème. C’est à son bord que le marin disparaîtra, en 1998, suite à un accident en mer d’Irlande.

Dix personnes en permanence sur le chantier

Classé Monument historique en 2016, c’est au Chantier du Guip, à Brest, que le Pen Duick a sommeillé pendant près de dix-neuf mois. Après 13 000 heures de chantier et 650 000 € de travaux, le bateau est enfin prêt à retrouver son élément. Celui-ci avait déjà été rénové à deux reprises par Éric Tabarly. En 1958, le skipper « sauve son voilier » et décide de se défaire de sa coque en bois pour la remplacer par du polyester. Long de ses 15 m, le Pen Duick devient le premier bateau a avoir utilisé ce matériel sur une aussi grande surface. La deuxième rénovation se déroule en 1989, afin d’améliorer l’aménagement, le pont et le gréement.

Trente ans après, une cure de jouvence s’imposait à nouveau. « On a refait comme en 1958, assure Arnaud Pennarun. Tout le reste a été démonté et remonté tel quel ». Un travail qui a nécessité entre huit et dix personnes en permanence sur le chantier. La coque a été refaite en prenant modèle sur l’ancienne : un travail de titan, afin de travailler les formes et garder la beauté des lignes du bateau. « Moins facile que de faire un moule pour les bateaux neufs », précise le maître d’ouvrage.

Quelques travaux supplémentaires ont également été effectués afin d’améliorer le Pen Duick. Par exemple, en installant l’électricité, absente jusqu’à présent, ou en améliorant la sécurité à bord, notamment en augmentant la puissance du moteur. Une des causes de l’accident d’Éric Tabarly selon Arnaud Pennarun, qui avait eu l’occasion de naviguer à ses côtés.

Pen Duick aux Fêtes maritimes ?

Alors que ce bateau mythique appartient à la famille Tabarly, c’est l’association Éric Tabarly qui se charge de le faire naviguer depuis 2002. Alors qu’il passe tous les hivers sur la cale lorientaise, au sec, il ressort au printemps pour participer aux rassemblements de « la belle plaisance », allant parfois jusqu’en Méditerranée pour les régates de Cannes et de Saint-Tropez.

Pour Jean-Pierre Couteleau, président de l’association, on a assisté, ce jeudi, à la renaissance du Pen Duick. « C’est un bateau qui a déjà eu deux grandes vies et qui va en avoir une troisième ! », se réjouit-il. Le voilier retrouvera la mer, ce samedi, à Lorient, pour une première navigation dès mercredi prochain. Le temps de le gréer, vérifier et faire les derniers ajustements. Les Brestois pourront peut-être l’admirer naviguer lors des Fêtes maritimes de 2020, même si ce n’est pas encore chose faite. « On n’en a pas raté une, donc il n’y a pas de raison que le Pen Duick n’y soit pas », conclut Jean-Pierre Couteleau

Pen Duick a été mis à l'eau ce weekend dans son port base de Lorient.

Un article de la rédaction du Télégramme