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  Pen Duick VI fête ses 40 ans dans son berceau brestois

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Pen Duick VI fête ses 40 ans dans son berceau brestois

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Cartouche, jeudi 9 mai dernier, en rade de Brest avec 25 à 35 noeuds en rafales ! Mais ce vent n'a pas contrarié l'arrivée dans la marina du Château des cinq Pen Duick d'Éric Tabarly, et notamment de Pen Duick VI, venu fêter ses 40 ans devant l’arsenal de Brest qui l’a vu naître.

Coque et pont impeccables, l'imposante « mésange noire » est venue se poser élégamment le long du quai visiteurs de la marina du Château. À 17 h pétantes ! Une ponctualité qui n'aurait pas été pour déplaire à l'officier de marine Tabarly. Le plus grand des Pen Duick (22 m) est venu s'amarrer près des quatre autres voiliers de légende imaginés et façonnés par ce marin d'exception. Émotion de voir les bateaux qui ont, chacun à leur manière, marqué le monde de la voile. Frissons de revoir le pont de Pen Duick sur lequel Éric Tabarly tombait à la mer en juin 1998. 



 

 

Joyeux équipage 



 

 

Jeudi, l'ambiance était plutôt à la bonne humeur avec un équipage composé des trois marins attitrés du voilier et d'une dizaine de marins ayant navigué aux côtés d'Éric Tabarly sur ce n° 6. « Au-delà du bateau, c'est évidemment l'homme qui nous a marqués », soulignait élégamment Marc Pajot qui était du premier tour du monde de 1973. Non loin de lui, Bernard Rubinstein, le marin-journaliste faisant le signe des deux doigts levés pour symboliser les deux démâtages vécus à bord. Plus discret, complètement dans son style, Jean Le Cam restait un peu en retrait. « Moi, je suis venu du temps de mon service militaire, en 1981. J'y ai passé huit mois sur mes douze de service. Tiens, j'avais cette bannette ! ». « La même que moi huit ans plus tôt ! », lui lançait Marc Pajot, le félicitant aussitôt pour son animation sur le Vendée Globe. Les autres marins, moins connus ou moins médiatiques, n'ont pas boudé leur plaisir, hier après-midi. Sous voile d'avant et d'artimon, ils ont redécouvert la puissance du bateau au près dans la brise. Encore amusés de se dire qu'Éric avait vraiment construit un bateau de près (pour remonter au vent) pour un parcours surtout composé de portant (vent dans le dos). Se moquant des années passées sous la carène, ils ont retrouvé les sensations de leurs 20 ans. Des sourires, des bons mots, une camaraderie même pas rouillée. Le joyeux équipage aurait bien continué au-delà du goulet ! 


 

 


Heureux de venir à Brest 



 

 

« On est heureux de venir fêter le bateau à Brest », commentait un Gérard Petipas parfaitement dédié à l'entretien de ces grands témoins de la course à la voile. « L'âme d'Éric y est encore. Les modifications et les innovations qu'il a apportées sont encore à bord ». « Regarde, ce bateau a 40 ans, comme moi ! », lâchait un papa à son petit garçon ébahi sur la digue La Pérouse. « Sourire complice du bonhomme : tu fais plus vieux que lui ». Et toc ! Le génie d'Éric Tabarly était aussi de faire des bateaux indémodables. Enfin, indémodables... « Au niveau des performances, en 1981, quand j'y étais pour la Whitbread, le bateau était dépassé, notamment par les Néo-Zélandais », rétablit Jean Le Cam et son légendaire franc-parler. C'est sûr qu'avec ses 32 tonnes, malgré sa quille en uranium appauvri et son étroitesse de coque, le ketch n'était pas vraiment taillé pour les longs surfs dans les mers du sud. Mais quelle classe, quelle élégance et surtout quelle émotion que de le revoir passer devant l'arsenal qui le livrait fièrement hier... En juillet 1973.

 

 

Un article de la rédaction du Telegramme

 

 

Pen Duick VI sous voile (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Pen Duick VI sous voile (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)


 

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