Marine Marchande
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Phares et Balises : Cinq nouveaux bateaux prévus d’ici 2022

Marine Marchande

Après le Gavrinis, son premier navire neuf depuis le Côte de Cornouaille en 2008, le service des Phares et Balise va poursuivre la modernisation de sa flotte, en mettant notamment l’accent sur les aspects environnementaux. Un programme de cinq nouvelles unités est prévu, avec pour commencer un second baliseur côtier. Un appel d’offres en ce sens vient d’être publié, en vue d’une désignation du chantier lauréat autour de cet été et une livraison vers la fin 2019. Destiné à La Rochelle, il remplacera deux anciennes unités, l’Estrée qui date de 1973 et la barge Lavagnon. Une entrée en flotte pour deux sorties, cela devient la norme aux Phares et Balises. « L’Atlantique, un ancien navire de pêche reconverti en baliseur, a remplacé en 2015 les Roi Gradlon et Charles Babin. Le Gavrinis, lui, a succédé aux vedettes Locmaria et Logoden, qui dataient respectivement de 1959 et 1957. L’objectif est d’optimiser la flotte avec des bateaux moins nombreux mais des unités modernes polyvalentes, plus performantes et un peu plus grandes afin de disposer de capacités accrues », explique Marc Léger, directeur de l’Armement des Phares et Balises, qui compte 260 marins armant en métropole et outre-mer 34 navires, dont 8 baliseurs océaniques.

Le prochain baliseur côtier sera d’un gabarit équivalent au Gavrinis (27 mètres), sans forcément être un sistership puisque le contrat signé avec Delavergne ne comprenait pas d’option. Le chantier vendéen et le bureau d’architecture HT2 ont toutefois une belle carte à jouer puisqu’ils ont clairement séduit l’Armement des Phares et Balises, où l’on se dit « extrêmement satisfait » du Gavrinis, livré en novembre dernier.  

Panneaux solaires et éoliennes

Ce baliseur a été optimisé pour réduire son empreinte environnementale, avec une consommation réduite en carburant ou encore l’intégration de caisses de traitement des eaux usées (grises et noires), dont l’Armement des Phares et Balises aurait pu se dispenser grâce à une dérogation. « Notre volonté est de disposer de navires vertueux, les plus propres possibles et, pour atteindre cet objectif, nous sommes prêts, comme nous venons de le montrer avec le Gavrinis, à aller au-delà de ce qu’impose la règlementation ». Une façon de montrer l’exemple pour cette administration rattachée au ministère de l’Ecologie.

Débutée avec le Gavrinis, cette stratégie va se poursuivre et s’amplifier avec les prochains bateaux, à commencer par le second baliseur côtier devant être commandé cette année. L’APB prévoit en effet de l’équiper de panneaux solaires et même de deux à trois éoliennes afin de réduire la consommation électrique du bord (hors propulsion et systèmes de manutention). Les moteurs diesels seront également, si possible, au standard IMO Tier III (ceux du Gavrinis - deux Scania -  ont une certification Tier II) afin de réduire les émissions d’oxydes d’azote (NOx) d’environ 75%.

 

Marc Léger, directeur de l'APB (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Intérêt pour le GNL

Côté propulsion, l’APB étudie avec beaucoup d’attention les nouvelles solutions qui émergent et permettent de réduire significativement les émissions polluantes. Toutes ne peuvent cependant être adaptées au travail des baliseurs. « Nous avons par exemple écarté l’hybride car la grue et les treuils ont des besoins électriques trop importants. Nous commençons donc par des solutions permettant de réduire la consommation énergétique et les rejets. Mais nous suivons avec beaucoup d’attention les évolutions technologiques, qu’il s’agisse des piles à combustible ou encore du GNL. Nous verrons le moment venu, en fonction des projets, ce qui est le plus approprié ».

Si le prochain navire conservera une motorisation diesel, le suivant pourrait ainsi, l’option est sur la table, passer à une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié. Cela dépendra notamment des capacités d’avitaillement en GNL et bien entendu des ressources financières disponibles.

Des navires neufs pour la pointe Bretagne et la Corse

Ce troisième baliseur côtier de nouvelle génération est prévu pour être commandé vers 2020. Destiné à Brest, il y succèderait là aussi, à partir de 2021, à deux anciennes unités, dont la Veleda.

L’Armement des Phares et Balises travaille aussi sur un projet de navire de 17 mètres pour remplacer vers 2022 la Françoise de Grâce, ex-pilotine du Havre reprise en 2013 et chargée des phares d’Iroise.

Enfin, deux unités plus petites sont prévues pour la Corse : une vedette de 9.5 mètres espérée en 2019 à Bastia et une autre de 12 mètres à partir de 2021 pour l’entretien des moyens de signalisation dans le secteur des Bouches de Bonifacio.

 

Le Gascogne lors de son récent arrêt technique (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

La succession du Gascogne

Une fois ce programme de cinq unités neuves mené à bien, l’APB devra gérer un gros morceau, en l’occurrence le remplacement du Gascogne, baliseur océanique de 52 mètres stationné au Verdon. Construit en 1983, cet ancien remorqueur offshore de Surf, racheté en 2005, vient de bénéficier d’un important arrêt technique. « C’est un bateau robuste qui a bénéficié de travaux lui permettant de repartir pour un bon moment. Mais il aura 40 ans en 2023 et il faut évidemment penser à sa succession, qui pourrait intervenir entre 2022 et 2027 ». Rien n’est décidé pour le moment mais parmi les options qui commencent à émerger, il pourrait s’agir d’un nouveau baliseur d’environ 60 mètres doté d’une propulsion au GNL. Avec éventuellement la possibilité de développer une série puisqu’il faudra ensuite songer au remplacement de la Provence (1989), rénovée en 2016 et 2017.

 

Le baliseur Provence (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)