Marine Marchande
Phares et Balises : un plan d’optimisation et de modernisation de la flotte en préparation
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Phares et Balises : un plan d’optimisation et de modernisation de la flotte en préparation

Marine Marchande

Service à compétence nationale rattaché à la Direction des Affaires maritimes, l’Armement des Phares et Balises aligne aujourd’hui 36 navires. Armée par 260 marins civils, cette flotte est en partie vieillissante et un certain nombre de bateaux vont devoir être remplacés le long du littoral français. Alors qu'un nouveau baliseur côtier voisin du Gavrinis mis en service fin 2017 a été commandé au chantier vendéen Delavergne pour remplacer le vieil Estrée à La Rochelle, l’APB travaille sur un plan global d’optimisation et de modernisation qui devrait voir le jour cet été. Des réflexions sont dans cette perspective en cours avec les Directions interrégionales de la mer (DIRM), auprès desquelles les moyens nautiques de l’APB (baliseurs,  navires de travaux et vedettes) sont mis à disposition au travers de conventions. « Il s’agit de déterminer avec les Directions interrégionales de la mer quels seront les moyens les plus adaptés en fonction des secteurs », explique-t-on à l'APB. 

Dans les cinq ans qui viennent, plusieurs bateaux vont arriver en fin de vie. A Brest, il va notamment falloir prévoir la succession de deux vedettes, la Velleda, unité de 16 mètres datant de 1966 ; puis de la Françoyse de Grâce de 16.7 mètres datant de 1996. La seconde sera sans doute remplacée par une nouvelle vedette, alors que la première pourrait éventuellement laisser la place à un baliseur côtier, qui serait à même d’opérer jusque dans le nord-Finistère et au sud de Brest, où l’APB dispose d’un troisième navire, le baliseur océanique Armorique (47.5 mètres, 2002).

 

Le Gavrinis à Port Haliguen, dans le Morbihan (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Gavrinis à Port Haliguen, dans le Morbihan (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le concept de nouveau baliseur côtier inauguré avec le Gavrinis plait en tout cas beaucoup à l’Armement des Phares et Balises. « C’est un type de bateau très polyvalent qui donne satisfaction et un concept que nous allons sans doute être amenés à développer ». Selon les conclusions des réflexions en cours sur le plan d’optimisation et de modernisation de la flotte, plusieurs unités de ce type devraient être commandées afin, notamment, de remplacer une bonne partie des navires de travaux de l’APB. Dans cette catégorie, les prochains renouvellements devraient concerner le Beg an Arvor (18.7 mètres, 2007) basé à Lézardrieux où se trouve aussi le Trahillons (15 mètres, 1982) qui pour sa part sera sans doute désarmé sans être remplacé.

 

 

Le Charles Cornic (© MICHEL FLOCH)

Le Charles Cornic (© MICHEL FLOCH)

 

L’APB réfléchit également à la suite du Charles Cornic (17 mètres, 2004) stationné à Morlaix ou encore Les Epiettes (15 mètres, 1980) à Granville, l’Esilab (18 mètres, 1993) à Noirmoutier et à terme le Saint Clair 7 (12 mètres, 1992) à Sète. A Saint-Malo, les moyens sont assez anciens, avec la Traversaine (12 mètres, 1981) et le François Durand (10 mètres, 1982), mais ils sont considérés comme très adaptés à leur zone d’intervention et en bon état, donc sont pour le moment maintenus.

Du côté des vedettes, il va falloir notamment remplacer dans les années qui viennent la Quervière (12 mètres, 1993) à Cherbourg ou encore les Iles Lavezzi (15.7 mètres, 1959) basée à Bonifacio.

 

Le baliseur océanique Gascogne (© MARC OTTINI)

Le baliseur océanique Gascogne (© MARC OTTINI)

 

La mise en service de nouveaux baliseurs côtiers, plus grands et polyvalents que les actuels navires de travaux et vedettes, devrait permettre à l’APB d’optimiser sa flotte et, dans un certain nombre de cas, d’assurer le remplacement de deux anciennes unités par un bateau neuf. C’est ce qui a été fait à Lorient avec le Gavrinis, qui a succédé aux vedettes Logoden (16.9 mètres, 1959) et Locmaria (15.6 mètres, 1957), dont les équipages ont été regroupés afin d’assurer l’armement du nouveau baliseur. L’administration souhaite en tous cas, dans le cadre de son futur plan, pouvoir réduire les coûts d’exploitation mais aussi de conception et de construction. « Nous allons dans ce sens essayer de développer une logique de série et, pour la prochaine commande, nous voudrions faire deux ou trois navires afin d’obtenir des économies d’échelle ».

Le développement de ce nouveau type de baliseurs côtiers, s’il convient à la succession des petites unités, ne va cependant pas remettre en cause la présence au sein de l’APB des baliseurs océaniques. « Nous garderons des baliseurs océaniques car ces navires plus grands et plus puissants, capables de traiter des corps morts jusqu’à 10 tonnes et des bouées de 15 à 18 m3, restent nécessaires pour les opérations de balisage les plus importantes ». Alors que dans cette catégorie la flotte de l’APB est assez récente, un seul remplacement est prévu dans les prochaines années, celui du Gascogne, navire de 52 mètres basé à Bordeaux et datant de 1983. « Son successeur ne sera pas forcément aussi grand mais il aura des capacités supérieures à celles des baliseurs côtiers comme le Gavrinis ».