Marine Marchande
Pilotage : 2010 marque le retour à la croissance

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Pilotage : 2010 marque le retour à la croissance

Marine Marchande

« Le chiffre d'affaires global des stations de pilotage connaît un retour à la hausse. Même si cela est très inégal en fonction des ports, 2010 aura vu une augmentation de 3,5% du chiffre d'affaires du pilotage français. » Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président de la fédération française des pilotes maritimes, salue cette nouvelle tendance, bienvenue après des années 2008 et 2009 difficiles. « Certains ports ont beaucoup souffert du ralentissement du trafic lié à la crise économique. Il y a eu également les mouvements sociaux qui ont provoqué une baisse d'activité. Cela a évidemment eu des conséquences pour le pilotage. Nous avons réussi à préserver l'intégralité des emplois des personnels dans les stations, mais des mesures de chômage partiel ont dû être prises. De même, le taux de remplacement des pilotes partant en retraite a été diminué. Nous avons ralenti également les investissements dans le renouvellement de matériel, vedettes et hélicoptère principalement. » Particulièrement touchée, la station de pilotage hauturier de Cherbourg, qui a été restructurée en raison de la forte baisse d'activité qu'elle a subie ces dernières années. Deux pilotes ont ainsi dû quitter la station. Celle-ci arrive désormais à fournir de l'activité aux trois pilotes restants. Dans ce contexte, les statistiques de 2010 sont encourageantes. « Le nombre de navires pilotés par les 345 pilotes français a augmenté de 4,05% pour atteindre 106.262 l'an dernier. De même, le taux d'activité par pilote est en progression de 6,8%. Et la tendance continue à être haussière. »

La vedette du pilotage de Sète   (© : PILOTES DE SETE)
La vedette du pilotage de Sète (© : PILOTES DE SETE)

La prise en compte du facteur humain dans le recrutement des pilotes

Au-delà des statistiques, le congrès annuel de la fédération française des pilotes maritimes qui s'est tenu à Paris la semaine dernière, a aussi été l'occasion de parler de l'avenir et notamment du recrutement des futurs pilotes. « Nous sommes actuellement, en liaison avec la direction des ports et du transport fluvial, dans un travail de toilettage du concours d'entrée au pilotage. Il s'agit pour nous de le faire évoluer afin qu'il reste en phase avec les nouvelles exigences internationales, notamment la résolution A960 de l'Organisation maritime internationale ainsi que la charte des pilotes européens. Et, évidemment, qu'il prenne en compte les évolutions techniques et sociales de la navigation et des navires modernes. » La modification de l'âge de recrutement est toujours à l'ordre du jour. Celui-ci, actuellement limité à 35 ans et 72 mois de navigation au pont, pourrait passer à 36 ans et 66 mois de navigation, dont 12 mois au long-cours ou au cabotage international de 1ère catégorie. « Nous avons également souhaité introduire la notion de facteur humain dans la nouvelle mouture du concours. Il nous paraît extrêmement important de pouvoir évaluer les aptitudes de nos candidats sur ce point. »

L'hélicoptère du pilotage de Bordeaux(© : PILOTES DE BORDEAUX)
L'hélicoptère du pilotage de Bordeaux(© : PILOTES DE BORDEAUX)

Un projet de libéralisation des services portuaires inquiète les pilotes

Si le trafic reprend des couleurs, les perspectives réglementaires de la Commission européenne, telles qu'elles apparaissent dans le projet de Livre Blanc des transports 2012, ne rassurent pas les pilotes. « Il y est à nouveau question de libéralisation des services portuaires, dans lesquels le pilotage est évidemment inclus. » La Fédération regrette ainsi de voir y figurer, en annexe le projet de réexaminer les restrictions à la prestation de services portuaires. « Nous travaillons avec nos collègues allemands et néerlandais sur ce point. Nous avons du mal à comprendre pourquoi cette question a été remise au goût du jour. La Commission va missionner un cabinet d'audit pour évaluer cette situation et nous souhaitons vivement, ainsi que le gouvernement français, que cette réouverture ne s'effectue pas. »