Marine Marchande
Pilotage : la station de Corse du sud inaugure sa nouvelle vedette

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Pilotage : la station de Corse du sud inaugure sa nouvelle vedette

Marine Marchande

Elle a rejoint l’Ile de Beauté depuis le mois d’avril mais elle n’a été officiellement inaugurée que cette semaine, à Ajaccio, en présence de nombreuses autorités et représentants du monde maritime local. L’Actea, nouvelle pilotine de 13.5 mètres de la station de la Corse du sud, a remplacé la vieille P 10 et s’ajoute à deux unités de 12 mètres, la Cyrnea et la Tyrenea. Datant de 2010, l’Actea est l’ancienne pilotine 109 de la station de marseille, d’où venaient également son ainée et les deux autres vedettes en service en Corse du sud (ex-103 et 104 achetée en 2015 et 2017).

 

La pilotine marseillaise P 109 est devenue la corse Actea (© JEAN-PHILIPPE SALDUCCI)

La pilotine marseillaise P 109 est devenue la corse Actea (© JEAN-PHILIPPE SALDUCCI)

 

3800 mouvements cette année

Comptant six pilotes, et un septième en renfort pour la saison estivale où l’activité est plus dense (de mi-mai à mi-octobre), la station de pilotage de la Corse du sud gère les navires fréquentant le port d’Ajaccio, mais aussi ceux venant à Propriano, Porto-Vecchio et Bonifacio. L’activité, qui a légèrement baissé cette année (3800 navires servis contre 4000 en 2018) est composée à 70% par les ferries. Le reste est constitué des paquebots, de pétroliers et gaziers, de cimentiers ou encore de yachts.

La question du pilotage dans les Bouches de Bonifacio

Evidemment, la station regarde aussi de très près la question du contrôle de la navigation dans les Bouches de Bonifacio, où l’échouement heureusement sans gravité du petit cargo fluviomaritime Rhodanus, en octobre, est venu rappeler les enjeux dans cette zone naturelle très fragile. Classées depuis 2011 comme zone maritime particulièrement vulnérable (ZMPV) par l’Organisation Maritime Internationale, les Bouches de Bonifacio bénéficient déjà, de par ce statut, d’un recours au pilotage, mais seulement recommandé, ainsi que de limitations mises en place par les Etats riverains (France et Italie), pour le moment uniquement sur les navires battant pavillons nationaux. Si depuis 1991 le passage des grands pétroliers dans cette zone de navigation dangereuse est interdit, environ 3500 navires de commerce y transitent toujours chaque année. Et, avec l’augmentation de la taille de certains bateaux autres que les tankers, les dangers sont réels. « Nous avons par exemple eu cette semaine un porte-conteneurs de 350 mètres qui a transité par les Bouches à l’occasion d’un transit entre Singapour et New York. Or, sur un navire comme celui-ci, il y a autour de 20.000 m3 de carburant en soute. Dans ce cas, le navire a pris un pilote, ce sont nos collègues italiens qui s’en sont chargés. Mais il ne s’agit là que d’une recommandation », explique Alain Tafani, président de la station de la Corse du sud. Alors qu’un appel d’offres pour assistance à la mise en place d’une station de pilotage hauturier a été lancé cette année par l’Office des Transports Corses, tout l’enjeu est maintenant de savoir si la France et l’Italie peuvent obtenir à l’OMI l’obligation du recours à un pilote pour sécuriser le franchissement des Bouches de Bonifacio, qui à l’instar de tous les détroits est normalement une zone de libre passage. « Il y a pour le moment un seul détroit dans le monde où le pilotage est obligatoire, il s’agit du détroit de Torres, entre l’Australie et la Papouasie Nouvelle-Guinée, où il faut passer à travers des récifs de corail. Pour ce qui est des Bouches de Bonifacio, il faut une volonté politique forte, que la France et l’Italie doivent porter ensemble à l’OMI ».

 

Port d'Ajaccio