Marine Marchande
Pilotage : L'activité en recul pour l'année 2011

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Pilotage : L'activité en recul pour l'année 2011

Marine Marchande

Ce n'est pas une surprise. A l'instar de l'ensemble du transport maritime, les pilotes ont vu un recul du volume servi en 2011. A l'occasion de leur congrès annuel qui s'est tenu à Paris, les pilotes maritimes ont fait le point sur l'année passée. « Le deuxième trimestre a été difficile, et pour l'instant, l'année 2012 se présente sous les mêmes auspices avec des chiffres préoccupants au premier trimestre », constate Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président réélu de la fédération française des pilotes maritimes. L'an dernier, le nombre de navires pilotés s'est établi à 100.864, contre 106.262 en 2010. Le volume moyen piloté est, quant à lui, en recul de 4.4%. « Les causes sont diverses, la difficulté à faire revenir des trafics, la crise économique mondiale et des effets industriels locaux : Petroplus à Rouen, le conteneur qui ne démarre pas à Marseille, les fluctuations du trafic céréaliers, le recul du gaz à Saint-Nazaire... Nous avons, comme tout le monde, une inquiétude pour notre économie portuaire et espérons la reprise. Dans nos prévisions annuelles, nous tablions sur une croissance du trafic de 1.5%, si cela continue, nous risquons de ne pas les tenir ». Les 32 stations de pilotage se mettent donc à la cape en attendant de voir. « L'effectif est de 342 pilotes, trois en moins par rapport à l'an passé. Des départs à la retraite n'ont pas été remplacés, même si nous continuons, par ailleurs, à renouveler nos effectifs en ouvrant des concours. Face à ce ralentissement économique, nous n'avons pas de nombreuses marges de manoeuvres. Soit nous reportons des investissements matériels, soit nous ajustons le personnel. Comme nous ne voulons pas toucher aux employés sédentaires, aériens et navigants des stations, ce sont les postes de pilote qui sont, parfois, non renouvelés ou reportés ».
Sur le volet institutionnel, les pilotes ont planché sur plusieurs mesures les concernant. Ainsi, la fédération s'est félicitée de l'entrée en vigueur, en juillet prochain, des nouvelles dispositions de la convention Solas sur les moyens de transfert des pilotes. Celle-ci prévoit, notamment, l'interdiction de construction et d'utilisation des échelles de pilote électriques, qui ont, par le passé, provoqué plusieurs accidents. La nouvelle norme prévoit également le renforcement des matériaux des moyens d'embarquement des pilotes.

 Une pilotine de la station de la Loire  (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Une pilotine de la station de la Loire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le pilotage hauturier dans les Bouches de Bonifacio

L'autre gros dossier de l'année sera celui de la mise en place d'un pilotage hauturier dans la zone des bouches de Bonifacio. Récemment annoncé par voie ministérielle, celui-ci est un corollaire de la mise en place de la zone de protection écologique des Bouches de Bonifacio. « Nous sommes actuellement en train de travailler avec nos collègues italiens pour établir un cadre de fonctionnement conjoint entre les stations d'Ajaccio, ainsi que d'Olbia et Porto Torres en Sardaigne. Il devrait être présenté en 2014 à l'OMI ».
Par ailleurs, l'Organisation Maritime Internationale est actuellement en train de travailler à la réforme de la recommandation A 486 qui préconise le recours aux pilotes hauturiers dans la mer du Nord, la Manche et le Skagerrak. Celle-ci devrait être modernisée et une annexe supplémentaire détaillant les facteurs à prendre en considération pour le pilotage hauturier devrait être ajoutée. Pour mémoire, la France dispose d'une station de pilotage hauturier à Cherbourg.

Un peu moins d'inquiétude sur les futures réglementations communautaires

Le projet de libéralisation des services portuaires, projeté par la Commission européenne, inquiète depuis plusieurs années les pilotes. Les derniers développements en la matière sont un peu plus positifs puisqu'il semblerait que le projet puisse, pour la première fois, montrer un début de marche arrière. En attendant une décision sur ce sujet par le Commissaire, les pilotes répondent actuellement à un audit mené par Price Waterhouse Coopers Italie à la demande de la Commission européenne sur l'attribution des licences de capitaine-pilote. La Commission prévoit également le lancement d'une enquête de satisfaction auprès des clients du pilotage maritime.

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