Marine Marchande
Piquets de grève en partie levés à Marseille

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Piquets de grève en partie levés à Marseille

Marine Marchande

Alors que le conflit de la SNCM s’éternise, le mouvement entamé le 27 septembre par les personnels du Port autonome de Marseille (PAM) pour protester contre « des menaces de privatisation » a été en partie levé. Vendredi soir, les CRS étaient intervenus pour dégager les accès au terminal à conteneurs de Fos. La CGT a toutefois prévenu qu’il ne s’agissait que d’une suspension. Les bassins de Marseille et le terminal à conteneurs de Fos-sur-Mer retrouveront ce matin leurs activités mais la paralysie du secteur pétrochimique se poursuit. Les employés des terminaux pétroliers de Fos et Lavera réclame une prime spécifique de 300 euros pour la dangerosité de leur métier. Pour ce pôle stratégique du PAM, la situation devient critique. Vendredi, pas moins de 39 navires attendaient sur rade (27 pétroliers, 5 gaziers, 6 chimiquiers et un cargo) alors que 21 bateaux étaient bloqués à quai (dont 4 pétroliers et gaziers). Alors que les raffineries de l’étang de Berre diminuent leur production, l'Union française des industries pétrolières (UFIP), prévient que l'oléoduc sud-européen cessera d'approvisionner les raffineries en pétrole brut à compter de demain ou mercredi si le blocage perdure. Cette infrastructure, qui part de Fos-sur-Mer, transporte chaque année 20 millions de tonnes de pétrole brut par an et dessert Lyon, Cressier (Suisse), Reichstett (France) et Karlsruhe (Allemagne).

Retombées économiques

Vendredi dernier, Laurence Parisot, présidente du Medef, avait réclamé l’intervention des forces de l’ordre pour débloquer le port. Selon l’organisation patronale, qui a chiffré le coût du mouvement à 125 millions d’euros, le blocus menaçait des dizaines, voire des centaines d’entreprises. Dans le même temps, la fédération des entreprises de transport logistique affirmait que 40.000 emplois étaient directement menacés par la grève du port. Hier soir, sur France Inter, le premier adjoint au maire de Marseille, Renaud Muselier, s’en est pris à ce qu’il a appelé « un syndicalisme d’un autre temps » et jugé que « l’image de Marseille a fait un bond de dix ans en arrière ». Les conséquences pourraient en effet se révéler importantes pour le PAM et tout le tissu économique qui en dépend. Plusieurs compagnies ont en effet décidé de détourner leurs navires. La confédération générale des importateurs indique pour sa part qu’elle va conseiller à ses adhérents ne de plus faire dédouaner leurs marchandises dans les ports français, mais à Gênes (Italie), Barcelone (Espagne) et Anvers (Belgique). Autre manque à gagner, l’annulation des escales de paquebots. En deux semaines, 20 navires ont suspendu leurs arrêts dans la cité phocéenne. Cela représente 20.000 croisiéristes soit une perte de 2 millions d’euros pour les commerces locaux.