Marine Marchande
Piraterie : Armateurs de France refuse l'embarquement de « milices armées »

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Piraterie : Armateurs de France refuse l'embarquement de « milices armées »

Marine Marchande

Armateurs de France tire une nouvelle bordée contre les sociétés proposant l'embarquement d'équipes de sécurité armées sur les navires marchands. Malgré le renforcement des moyens navals militaires au large de la Somalie, les attaques de pirates ont certes diminué, mais n'ont pas cessé. Depuis le début de l'année, une centaine d'attaques a déjà été enregistrée. La présence de bâtiments militaires a permis de former des convois protégés dans le golfe d'Aden et d'empêcher des détournements. De nombreuses arrestations sont également intervenues, 200 pirates étant interceptés ces derniers mois. Mais les forces navales ne sont pas suffisantes pour surveiller l'immensité de l'océan Indien et les capacités des pirates à intervenir de plus en plus loin de leurs bases constituent toujours un danger pour le trafic commercial. Face à la menace d'un détournement, des compagnies ont opté pour l'embarquement d'équipes armées. C'est ainsi que, le mois dernier, le MSC Melody, en transit au large de la corne d'Afrique, a repoussé une attaque. Mais les échanges de feu ont fait deux blessés à bord du paquebot, dont un passager. Pour Amateurs de France, l'embarquement de gardes (souvent des anciens militaires) pose d'évidents problèmes juridiques. Et le problème se pose avec d'autant plus d'acuité que des rumeurs émergent autour d'éventuelles pertes humaines lors d'échanges de feu entre navires marchands et pirates. Armateurs de France, rappelle que « l'emport de milices privées armées à bord des navires marchands est contraire aux recommandations internationales (OMI, BMI), aux principes fondamentaux du droit et à la plupart des législations nationales. Cette présence est incompatible avec la sécurité des équipages, elle entraverait le bon déroulement des dispositifs militaires et généreraient un risque évident d'escalade de la violence ».

« Des sociétés dont l'intérêt est que la situation perdure ou s'aggrave »

L'organisation professionnelle a affirmé à plusieurs reprises son opposition « au recours à des sociétés privées dont l'intérêt commercial est que la situation perdure ou s'aggrave ». Cette position a d'ailleurs reçu, en janvier dernier, le soutien de Matignon : « Il n'est pas souhaitable d'encourager les navires marchands battant pavillon français à l'embarquement de moyens privés de protection ». (Courrier du premier Ministre, 2 janvier 2009).
« A la recherche de nouveaux marchés juteux, les « vendeurs de sûreté » tentent d'approcher les compagnies maritimes par tous moyens : formation des équipages (vente de formation et coaching) ; défense passive des navires (vente de conseil et de matériel), alors même que tous ces aspects sont déjà pris en compte et mis en oeuvre par les armateurs avec de véritables professionnels étatiques », affirme Armateurs de France.
Les compagnies françaises travaillent depuis plusieurs années en étroite collaboration avec les services de l'Etat, et plus particulièrement avec la Marine nationale. Dans le cadre du Contrôle Naval Volontaire (CNV), les navires marchands battant pavillon tricolore reçoivent le soutien des militaires. Suite au développement de la piraterie, l'organisation de convois protégés a été mise en oeuvre dans le golfe d'Aden. A ce titre, des militaires français peuvent être embarqués sur les bâtiments de commerce. La photo illustrant cet article montre d'ailleurs une équipe de la marine assurant la protection d'un bateau civil, y compris en installant sur son pont une mitrailleuse lourde.

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