Marine Marchande
Piraterie dans le golfe de Guinée : l’ITF appelle à des mesures urgentes

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Piraterie dans le golfe de Guinée : l’ITF appelle à des mesures urgentes

Marine Marchande

L’International transport workers federation (ITF) s’inquiète d’attaques récentes dans le golfe de Guinée. En réaction, elle appelle à une coopération régionale urgente pour lutter contre les actes de piraterie.

Début novembre, deux attaques suivies d’enlèvements se sont produites à quelques jours d’intervalle dans le golfe de Guinée. Le 2 novembre, des pirates ont kidnappé neuf membres d’équipage philippins du vraquier norvégien MV Bonita, d’Ugland Companies. Le navire, venu débarquer du gypse, était mouillé devant le port de Cotonou, au Bénin. Deux jours plus tard, quatre autres membres d’équipages (deux Philippins, un Grec, un Géorgien), du pétrolier grec Elka Aristotle ont été à leur tour pris en otage non loin du port de Lomé, au Togo. Une garde armée avait pourtant tenté de repousser l’attaque.

L’ITF souligne que plusieurs autres enlèvements ont été rapportés dans le golfe de Guinée, les mois passés, dont huit marins pris en otage au large du Cameroun en août et 10 marins turcs au large du Nigeria en juillet. Les deux équipages ont été libérés depuis. En tout, ce sont 62 marins qui ont ainsi été capturés dans la zone, cette année, selon le décompte de l’ITF, qui estime que ces chiffres sont en augmentation.

En conséquence, « l’ensemble du secteur maritime doit prendre des mesures urgentes pour améliorer la prévention, le signalement et la réaction aux attaques dans le Golfe », a réclamé le président de la section des marins de l’ITF, David Heindel. Pour lui, les pays côtiers de la région « doivent travailler avec l'industrie et les syndicats pour identifier des actions et allouer des ressources adéquates afin de réduire les risques pour les marins et les navires ».

Le 14 octobre, quelques semaines avant les récentes attaques, le Bureau maritime international (BMI) notait pourtant que les actes de piraterie étaient en baisse à l’échelle mondiale. Le nombre d’équipages pris en otage au cours des neuf premiers mois était notamment passé de 112 en 2018 à 49 en 2019. Il pointait néanmoins que le golfe de Guinée restait une zone à haut risque pour la piraterie et les vols à main armée. Cette zone concentre à elle seule 86% des équipages pris en otage et près de 82% des enlèvements d’équipages dans le monde. En 2018, les actes de piraterie dans le golfe de Guinée avaient fait un bond spectaculaire, puisqu’ils avaient plus que doublé.

Les deux attaques au Bénin et au Togo début novembre ont eu lieu alors que se déroulait l'exercice Grand African Nemo, organisé justement dans le cadre du renforcement de la coopération régionale en matière de sécurité maritime. Plusieurs dizaines de bâtiments et aéronefs des pays riverains du golfe de Guinée, ainsi que de nations amies, participaient à cet exercice aéromaritime de grande ampleur. 

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