Marine Marchande
Piraterie : Encore une attaque très loin du golfe d'Aden

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Piraterie : Encore une attaque très loin du golfe d'Aden

Marine Marchande

Pendant que l'Europe lance sa très médiatique force navale pour protéger le trafic maritime dans le golfe d'Aden, les pirates démontrent, pour ceux qui en doutaient encore, les limites du dispositif. Alors que les moyens militaires se concentrant dans le golfe d'Aden et au large de la Somalie (pour couvrir les cargos du Programme Alimentaire Mondial), une nouvelle attaque s'est produite très loin de ce secteur. Après le détournement du supertanker Sirius Star, à 800 kilomètres au sud-est de Mombasa (Kenya), c'est un cargo appartenant à un armateur néerlandais qui a été visé le week-end dernier. Le navire se trouvait à près de 900 kilomètres à l'Est de Dar Es Salaam, en Tanzanie (et à 700 kilomètres à l'ouest des Seychelles), lorsqu'il a été pris pour cible par deux embarcations rapides. Le commandant décidant de prendre la fuite, les pirates ont ouvert le feu à coups de fusils mitrailleurs et de lance-roquettes. Selon le Bureau maritime international (BMI), cité par l'AFP, le cargo a subi des dégâts et un incendie, qui a été maîtrisé par l'équipage (19 hommes). Il est toutefois parvenu à s'échapper.
Malgré le renforcement des moyens militaires au large de la Somalie, les attaques de navires civils n'ont pas cessé ces dernières semaines. Les pirates se montrent même de plus en plus audacieux, n'hésitant pas à se lancer à l'assaut de paquebots ou de car-carriers (grands rouliers disposant d'un important franc bord). De telles actions signifient peut être que les navires vulnérables, rejoignant les convois escortés, sont plus à l'abri. Mais l'attaque du cargo néerlandais laisse planer l'une des grandes craintes des armateurs : Voir le phénomène se délocaliser en raison d'une surveillance trop importante dans le golfe d'Aden. Selon le BMI, un groupe de pirates serait ainsi positionné au sud de la Somalie en vue d'intercepter les navires à destination ou en provenance du cap de Bonne Espérance, ainsi que les bateaux se rendant au Kenya.
Pour augmenter leur rayon d'action, les assaillants utilisent des « bateaux-mères », à partir desquels ils mettent à l'eau des embarcations rapides. Ces bateaux-mères sont souvent des navires eux-mêmes détournés, comme des bateaux de pêche. Ainsi, lors de l'attaque du cargo néerlandais, le capitaine a repéré un chalutier blanc, servant peut être de base mobile aux pirates.

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