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Piraterie : La force navale européenne opérationnelle au large de la Somalie

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Piraterie : La force navale européenne opérationnelle au large de la Somalie

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Six navires et trois avions de patrouille maritime. C'est le dispositif déployé à compter de cette semaine par l'Union Européenne pour mener la lutte contre la piraterie au large de la Somalie. Baptisée « Eunavfor Atalanta », la mission européenne doit être officiellement lancée aujourd'hui. Elle remplacera une force d'intervention de l'OTAN, présente dans la région depuis le mois d'octobre pour escorter les convois du programme alimentaire mondial (PAM) et protéger les navires marchands transitant par le golfe d'Aden. Atalanta est dirigée depuis la Grande-Bretagne par le vice-amiral Phil Jones, à la tête d'un état-major interalliés de plus de 80 officiers, basés au QG de Northwood, au nord de Londres. A la mer, la flotte est placée sous le commandement d'un amiral grec, Djibouti servant de point d'appui logistique.
Pour l'heure, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, la Grèce, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède ont annoncé leur participation, le Portugal étant susceptible de les rejoindre prochainement.

Mardi dernier, le Conseil de Sécurité de l'ONU a adopté une nouvelle résolution (1846) dont le principal objet est de prolonger d'un an la résolution 1816. Cette dernière permet aux navires militaires de réprimer la piraterie dans les eaux territoriales somaliennes. Une nouvelle fois, le Conseil de Sécurité des Nations Unies en appellent à la mobilisation internationale pour lutter contre la piraterie et protéger le trafic maritime. Outre la mise à disposition de moyens, la nouvelle résolution évoque une assistance aux pays riverains pour les aider à combattre ce phénomène. L'ONU préconise « une assistance technique visant à renforcer la capacité de ces États d'assurer la sécurité côtière et maritime, y compris la lutte contre les actes de piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes et des côtes des pays voisins ». Pour de nombreux observateurs, il s'agit là d'une action essentielle, la piraterie ne pouvant être efficacement traitée que par les pays à partir desquels les pirates opèrent. A terme, les actions doivent non seulement se dérouler en mer, mais également à terre, notamment par le retour d'un Etat de droit en Somalie.
Dans l'attente, plusieurs spécialistes craignent, en effet, que les moyens navals déployés ne soient pas suffisants. En concentrant des navires militaires dans le golfe d'Aden et pour la protection des cargos du PAM (chargés d'acheminer l'aide humanitaire en Somalie), on redoute en effet que les pirates se réorganisent en lançant leurs attaques dans d'autres secteurs moins surveillés, par exemple plus au Sud, vers le détroit du Mozambique ou les riches zones de pêche situées au large des Seychelles. Le détournement du supertanker Sirius Star, surpris au sud-est du Kenya le mois dernier, ou encore l'attaque en septembre du thonier français Drennec, ont en effet démontré que les pirates disposaient d'un rayon d'action énorme.

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