Divers
Piraterie : Le détroit de Malacca sous surveillance

Actualité

Piraterie : Le détroit de Malacca sous surveillance

Divers

C’est une mer infestée de pirates et pourtant, un tiers du trafic mondial est contrait d’y passer. L’Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande et Singapour ont décidé cette semaine de renforcer la sécurité dans le détroit de Malacca, qui sépare la péninsule malaisienne de Sumatra. Après des années de négociations, cette zone sensible va enfin faire l’objet d’une coopération entre les différenrs états en matière de surveillance aérienne. Les avions de patrouille maritime voleront avec un responsable de chaque pays à bord, ce qui leur permettra de pénétrer dans tous les espaces aériens nationaux. Cette mesure viendra renforcer l’accord déjà existant sur les patrouilles maritimes signé entre Singapour, l’Indonésie et la Malaisie.

Pas d'ingérence américaine et japonaise

L'accord permettra aussi de répondre, en partie, aux pressions exerces par Tokyo et Washington dont les flottes de commerce transitent largement par le détroit de Malacca et sont donc exposées à des attaques. Les gardes côtes japonais avaient proposé d’envoyer des vedettes assurer la surveillance dans le secteur alors que les Etats-Unis avaient évoqué en 2004 le déploiement d’une force internationale. Ces propositions avaient provoqué une levée de bouclier de l’Indonésie et de la Malaisie qui jugent ces mesures semblables à de l’ingérence. Tous deux revendiquent en effet des eaux territoriales sur 12 milles, alors que le détroit n'en fait que 20. Le 16 novembre 1971, les deux gouvernements avaient déclaré conjointement que le détroit de Malacca n'était pas un détroit international tout en autorisant son franchissement par des navires étrangers en vertu du principe de "passage innocent". En 1982 et la Convention de Montego Bay la Malaisie et l’Indonésie ont été finalement contraints d’adopter le régime du "passage en transit" et de respecter le libre passage des navires sur une voie navigable internationale.

Axe majeur du trafic maritime mondial

On le voit bien, le détroit de Malacca est un véritable enjeu stratégique. Il constitue en fait le point de rencontre des lignes transocéaniques entre l’Océan Indien et le Pacifique, des lignes intra-asiatiques et du transport de marchandise réalisant des tours du monde est-ouest. Au coeur de ce dispositif maritime complexe, Singapour voit transiter par ses infrastructures portuaires une vingtaine de millions de conteneurs par an. Pour le Japon, le détroit de Malacca est une artère vitale, tant pour son approvisionnement en matières premières que pour ses exportations vers l'Europe de produits manufacturés. Par lui transitent près de 41% des importations totales de l'archipel nippon et notamment 80% de son pétrole, en provenance du golfe arabo-persique. C'est donc dans cet espace mal protégé, où naviguent chaque jour des centaines de navires, que la piraterie s'est largement développée. On estime que cette mer est l'une des plus infestée du monde.

Piraterie dans le monde | Actualité du brigandage maritime