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Piraterie : Le nombre d'attaques baisse mais la menace est toujours réelle

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Piraterie : Le nombre d'attaques baisse mais la menace est toujours réelle

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Au premier semestre 2010, le Bureau maritime international (BMI) a recensé 196 actes de piraterie et vols à main armée en haute mer. Cela représente certes une décrue par rapport à la même période de 2009 (240 actes), mais le nombre encore important d'attaques montre que le phénomène est loin d'être éradiqué. Des progrès significatifs semblent, toutefois, avoir été accomplis. Ainsi, dans le golfe d'Aden, le nombre d'attaques est passé de 86 au premier semestre 2010, à 33 en 2010. Cette décrue s'explique essentiellement par le renforcement des moyens de surveillance dans cette zone, et plus particulièrement la montée en puissance de la l'EU-NAVFOR, force aéronavale européenne de lutte contre la piraterie activée en décembre 2008 dans le cadre de l'opération Atalante. Avec d'autres marines (Etats-Unis, Russie, Chine, Japon, Inde...) déployant également des moyens sur zone, les bâtiments européens ont intercepté de nombreux pirates et déjoué nombre d'attaques ces derniers mois. Ainsi, sur l'ensemble de la zone couverte, le nombre d'attaques a été réduit de 40% au premier semestre de cette année, le nombre de pirates interceptés augmentant dans la même proportion. En tout, 80 groupes de pirates ont été « cueillis » par les forces navales internationales. Face à la menace, les navires de commerce sont, par ailleurs, mieux préparés aux assauts et, suivant les mesures de sécurité préconisées, parviennent dans 65% des cas à s'échapper par eux-mêmes. L'escorte des cargos du Programme Alimentaire Mondial (PAM) permet, dans le même temps, d'acheminer l'aide humanitaire vers la Somalie (260.000 tonnes de vivres destinés à 2 millions de Somaliens en 2009).

Le défi de l'océan Indien

La victoire contre la piraterie est, néanmoins, très loin d'être acquise. D'abord, les pirates se sont dotés de nouveaux moyens pour frapper plus loin des côtes. « La mobilisation des forces navales dans le golfe d'Aden a été essentielle dans la baisse des attaques dans cette zone. L'océan Indien pose un autre défi », reconnait le capitaine Mukundan, directeur du BMI. Afin d'échapper à la surveillance, les pirates prennent le large avec des bateaux-mères, accompagnés d'esquifs rapides destinés aux attaques. Cela leur procure un rayon d'action extrêmement important et, aujourd'hui, il n'est pas rare de constater des attaques à un millier de kilomètres de la Somalie. Pour les forces navales, le casse-tête de la surveillance est ardu, la zone à surveiller étant immense et les moyens bien trop faible pour sécuriser une zone grande comme quatre ou cinq fois la Méditerranée. Lors d'une réunion sur la lutte contre la piraterie dans l'océan Indien qui a pris fin le 13 juillet aux Seychelles, Ramtane Lamamra, commissaire de l'Union Africaine à la Paix et la sécurité, a souligné que la solution à la piraterie suppose une double approche. Non seulement militaire par la surveillance de l'océan, mais également à terre, où se situe la racine du problème, à savoir le sous-développement et l'instabilité politique, liés, selon lui, « à l'organisation clanique de la société somalienne et au fait que pendant ce dernier quart de siècle, ce pays n'a pas connu de stabilité, ni de sécurité ou de gouvernement central fort ». Dans cette perspective, les efforts de la communauté internationale se poursuivent pour tenter de restaurer un véritable Etat en Somalie. Mais cette démarche est loin d'être simple compte tenu d'un contexte local extrêmement compliqué. L'enjeu est néanmoins de taille car, sans restauration d'un Etat de droit sur le territoire somalien, il semble illusoire de penser que la piraterie cessera.

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