Marine Marchande

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Piraterie : Moins d’attaques mais plus d’enlèvements de marins

Marine Marchande

Dans son dernier rapport, le Bureau Maritime Internationale souligne que les actes de piraterie et de brigandage ont globalement fortement baissé dans le monde l’an dernier, avec 191 attaques répertoriées, contre 246 en 2015. Dans le détail, 150 navires ont été abordés, pour 7 détournés, 22 tentatives d’attaque ont échoué et, à 12 reprises, les navires ont essuyé des tirs.

Selon le BMI, la piraterie dans le monde a, en fait, atteint son plus bas niveau depuis 1998, grâce en particulier à une forte mobilisation internationale, en particulier des forces navales, mais aussi de différentes mesures prises par les armateurs et la montée en puissance des sociétés de protection privées. Parmi les zones où la décrue est la plus nette, l’Indonésie, par exemple, n’a connu que 49 incidents en 2016 contre 108 en 2015. « La poursuite de la chute des actes de piraterie est une bonne nouvelle, mais certaines routes maritimes demeurent dangereuses », rappelle toutefois Pottengal Mukundan, directeur du BMI.

 

Vigilance en Somalie et dégradation au Nigéria

Au large de la Somalie, deux attaques ont été enregistrées l’année dernière, une contre un porte-conteneurs dans le golfe d’Aden en mai et une seconde visant un tanker à 300 milles des côtes somaliennes en octobre. Pour le BMI, cette dernière démontre que la capacité des pirates et la menaces d’attaques existent toujours dans le secteur de la corne d’Afrique, même très au large. Il convient donc de ne pas baisser la garde dans la région.

Le Nigéria reste également un point chaud et, pour le coup, a vu le nombre d’attaques augmenter significativement : 36 en 2016 contre 14 en 2015, certaines actions ayant été conduites à une centaine de milles du littoral. 9 des 12 navires ayant fait l’objet de tirs d’armes dans le monde l’an dernier l’ont été au large du Nigéria.

Le cas du Pérou est également mentionné. Aucune attaque n’y était intervenue en 2015, mais il y en a eu 11 l’an dernier, dont 10 autour de Callao, le principal port du pays.

62 membres d’équipage enlevés

Mais c’est surtout la recrudescence des kidnappings de marins qui inquiète le BMI. L’organisation, qui réalise le suivi des attaques contre les navires à travers le monde depuis 1991, affirme que le phénomène a atteint un niveau jamais constaté depuis 10 ans. Ainsi, au cours de 15 attaques, 62 membres d’équipage ont été enlevés en 2016. Ils n’avaient été « que » 19 l’année précédente.

Le problème est récurrent en Afrique de l’ouest, notamment dans le golfe de Guinée, où 34 marins ont été enlevés en 2016 au cours de 9 attaques différentes. Mais on assiste à l’émergence d’autres zones à risque, comme la mer de Jolo, entre la Malaisie et les Philippines, devenue particulièrement dangereuse. Alors que des enlèvements se sont produits en début d’année à bord de remorqueurs et barges, 12 marins ont été pris en otage dans cette région au dernier trimestre 2016 sur deux cargos et un bateau de pêche au mouillage, l’attaque d’un vraquier ayant par ailleurs échoué en novembre. Ici, les assaillants, liés à des réseaux criminels ou même, apparemment, à des mouvements islamistes, comme Abu Sayyaf, ne sont pas tant intéressés par les navires et leurs cargaisons que par les équipages. Capturés, les marins sont ensuite emmenés au sud des Philippines et libérés après le versement de rançons. La situation est telle que le BMI conseille aux armateurs d’éviter la mer de Jolo et de faire passer leurs navires à l’ouest de Kalimantan.

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