Construction Navale
Piriou : 10 ans de présence au Vietnam

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Piriou : 10 ans de présence au Vietnam

Construction Navale

Nous vous emmenons aujourd’hui au Vietnam, où Piriou développe depuis bientôt 10 ans un complexe industriel qui a connu une belle croissance et a livré plus de 80 navires de 7 à 90 mètres. A 10.000 kilomètres de Concarneau, son berceau historique, le constructeur breton a voulu faire de sa filiale locale un véritable tremplin vers le marché international de l’offshore et de la pêche.

Trois ans et 25 millions de dollars pour créer un premier chantier

South East Asia Shipyard (SEAS), rebaptisée en 2015 Piriou Vietnam, est née en 2006 avec la création d’un premier site à Ben Luc. Le chantier se trouve à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest d’Ho Chi Minh Ville. Pour s’y rendre, il  faut d’abord traverser l’ancienne Saigon, où dans une chaleur moite la circulation se révèle très dense, avec des milliers de deux-roues qui se faufilent dans le moindre espace disponible.

 

Dans les rues de l'ancienne Saïgon (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dans les rues de l'ancienne Saïgon (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Passés les faubourgs de la capitale vietnamienne, puis de vastes étendues de cultures, Ben Luc est en vue après trois bons quarts d’heures de route. La ville se trouve au bord d’une grande rivière, le Vam Co Dong, l’un des multiples affluents du fleuve Nah Bê, qui borde Ho Chi Minh Ville. « Quand nous nous sommes installés ici, il n’y avait rien. Il a fallu trois ans et 25 millions de dollars d’investissement pour créer un chantier ex nihilo », explique Pascal Piriou. A Ben Luc, l’entreprise concarnoise a progressivement développé un chantier dédié aux constructions en aluminium.

 

Le chantier de Ben Luc (© PIRIOU)

Le chantier de Ben Luc (© PIRIOU)

 

« Faire ici des navires aux standards européens »

Quand on parcourt le site, la première chose qui frappe est sa propreté et son organisation, une réalité très éloignée de l’image que l’on pourrait se faire d’un chantier situé dans cette partie de l’Asie. « Le grand challenge a été de démontrer que l’on pouvait faire ici des navires aux standards européens », sourit le président de Piriou, pas peu fier du travail accompli et des réactions de ses visiteurs, toujours agréablement surpris. « Il est souvent difficile de convaincre que l’on peut construire au Vietnam en toute confiance. C’est pourquoi les visites de clients sont très importantes car, une fois qu’ils ont le chantier sous les yeux et voient comment nous travaillons et ce que nous produisons, les doutes s’estompent immédiatement ».  

 

Pascal Piriou à Ben Luc (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Pascal Piriou à Ben Luc (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Une aventure asiatique lancée avec Bourbon

L’aventure de la filiale vietnamienne de Piriou a donc débuté il y a une décennie, au moment où Bourbon voulait développer sa filiale Surf en Asie, plus particulièrement en Indonésie. Le groupe maritime français souhaitait faire réaliser ses bateaux dans la région et désirait pour cela s’appuyer  sur un partenaire de confiance. L’idée d’une implantation locale est alors évoquée avec Piriou. Concarneau est déjà un fournisseur de longue date de Bourbon et les relations avec le président du groupe maritime, Jacques de Chateauvieux, sont excellentes. Elles vont même se renforcer puisque sa holding personnelle, Jaccar, sera momentanément (de 2006 à 2009) l’actionnaire principal du constructeur breton. Alors que l’armateur français est en plein recentrage sur les activités offshore, un terrain est disponible à Ben Luc, là où Bourbon avait autrefois une activité sucrière. On décide d’y créer un chantier. « La première année, nous avons réalisé des crew boats de 18 mètres. Puis, comme cela se passait bien, Bourbon nous a confié la réalisation de navires de 26 mètres, dont nous avons produit 12 exemplaires. Dès lors, il ne s’agissait plus uniquement de travailler pour le marché asiatique puisque la plupart de ces bateaux sont partis en Afrique », explique Pascal Piriou. Grâce aux commandes de Bourbon, qui connait une forte croissance et se montre satisfait de la qualité des unités sortant de Ben Luc, le chantier se développe vite. « Nous avons rapidement doublé puis triplé l’atelier de fabrication ».

Un beau succès à l’offshore avec les FPSV

Sur les rives du Vam Co Dong, le chantier se déploie aujourd’hui derrière un immense terre-plein bétonné, qui plonge dans les eaux de la rivière. Les nefs de fabrication ont fleuri les unes après les autres, au fil de la montée en puissance du site et de l’accroissement de la taille des bateaux qui y sont construits. Ainsi, Ben Luc s’est mis à fabriquer de grands FPSV (Fast Passenger & Supply Vessels) de 53 mètres, toujours en aluminium. Après avoir lancé cette série avec les Sirocco, Shamal, Norte et Harmattan, livrés en 2012 et 2013 à Bourbon, la filiale vietnamienne de Piriou s’est, en plus des commandes traditionnelles, lancée sur le marché du stock.

 

Le Bourbon Harmattan, livré en 2013 (© PIRIOU)

Le Bourbon Harmattan, livré en 2013 (© PIRIOU)

 

Construire sans client préalable

En clair, anticiper les besoins du client dans un domaine d’activité très porteur en produisant des navires sur fonds propres. C’est ce que l’on appelait autrefois la construction en spéculation. Une stratégie qui a, au moment où l’offshore se développait massivement, rapidement porté ses fruits puisqu’elle a permis à Piriou de décrocher de nouveaux contrats et, au passage, de diversifier son portefeuille de clients. « Investir en propre sans commande préalable constitue un risque industriel mais sur des segments de marché bien spécifiques, notamment les activités offshore, les armateurs ont des besoins immédiats et, si les bateaux sont déjà construits, cela constitue un avantage pour les vendre », affirme Pascal Piriou.

Standardiser au maximum

Pour cela, il faut évidemment ne pas se tromper dans les caractéristiques des navires et veiller à ce qu’ils correspondent au mieux aux besoins du marché. Le client peut personnaliser certaines parties des navires, comme l’aménagement des espaces intérieurs, mais le reste est standardisé. L’objectif est en effet de bénéficier d’économies d’échelle grâce à une base commune construite en grande série.

 

Le FPSV Kacey, livré en 2014 (© PIRIOU)

Le FPSV Kacey, livré en 2014 (© PIRIOU)

 

Coup d’arrêt avec la crise de l’offshore

Sur la douzaine de FPSV de 53 mètres livrée depuis 2012, certains ont été placés de cette manière, SEAS décrochant de nouveaux clients, comme le groupe suisse Outremer AG, pour lequel il a livré en 2014 le Kacey et le Karol W, exploités par ABC Maritime. Alors que l’activité offshore atteignait des sommets, Ben Luc s’était mis en capacité de livrer un FPSV de 53 mètres tous les deux mois, avec un délai de production de 8 mois par bateau. Et il a dans le même temps entrepris en 2014 la réalisation en stock de nouvelles unités de 41 mètres. Malheureusement,

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