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Piriou : Le Yersin paré à quitter Concarneau

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Piriou : Le Yersin paré à quitter Concarneau

Livré ce week-end, le Yersin va quitter le port de Concarneau. Après trois ans de construction au chantier Piriou, ce bateau hybride de 76 mètres, à la fois yacht et navire de recherche océanographique, est unique en son genre.

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Samedi, les salariés du chantier Piriou ont visité le navire, dont ils viennent de terminer la construction. Le contrat a été signé le 10 mai 2012 et Yersin est livré ce 10 mai 2015 : « Pile trois ans après la signature et dans les délais », se réjouit Pascal Piriou, P-DG du chantier concarnois. Pour la visite du Yersin, navire unique en son genre et fierté de tout le chantier, le fortuné propriétaire-armateur François Fiat et son épouse Geneviève accueillaient les salariés. Une visite complète, sans pouvoir prendre en photographie les aménagements intérieurs : « Yersin part pour Malte où il doit être immatriculé. Sa présentation officielle aura lieu le 20 juin, à Monaco, en présence du Prince Albert II », s'excusait François Fiat. Pour construire ce navire très spécial, le chantier concarnois a encore gravi une marche. Habitué aux bateaux de pêche, unités offshore, petits ferries, remorqueurs et bâtiments militaires, Piriou n'était jamais entré dans le monde du navire océanographique. Et encore moins dans celui du yacht. Yersin est les deux à la fois. François Fiat est le concepteur du bateau : « Je voulais un navire efficace et élégant pour des missions de recherches dans toutes les eaux du globe. Le budget n'était pas un problème ». Le cahier des charges a été travaillé durant un an et, après plusieurs modifications, la longueur a été fixée à 76,40 mètres.

 

François Fiat (© : FRANCOIS DESTOC)

François Fiat (© : FRANCOIS DESTOC)

 

40 % de la surface pour la technologie

Au total, il comprend deux niveaux inférieurs, un pont principal et deux niveaux supérieurs. Yersin a une propulsion électrique, avec des propulseurs azimutaux, qui le fait naviguer sans bruit et sans vibration dans tous les sens « même en crabe ». Et toujours avec une grande stabilité, grâce au système dynamique de correction d'assiette. À l'intérieur, deux ponts sont réservés aux machines. Pratiquement partout, on trouve de l'inox : « Plus coûteux mais un bon investissement en termes de durée de vie ». Au total, « la surface consacrée à la technologie est de 40 % alors qu'en général, elle est de 20 % ». Yersin est construit pour aller dans les mers froides, les mers chaudes, les rivières et les zones naturelles ultra-protégées.

 

Le Yersin (© : FRANCOIS DESTOC)

Le Yersin (© : FRANCOIS DESTOC)

 

Un univers d'élégance

Pour accueillir l'équipage et les passagers, les cabines sont spacieuses et équipées de tous les systèmes de communication possibles. Le bateau comprend plusieurs salons, salles de conférence et de travail et même une salle de classe pour accueillir les écoles. Ni marbre, ni luxe ostentatoire : « C'est un navire efficace et c'est ce que je voulais », résume l'armateur. Efficace et élégant dans ses lignes et ses aménagements intérieurs avec des bois « issus des forêts renouvelables » et des ponts couverts d'une résine imitant le teck. Yersin : un navire bluffant de réussite pour le chantier concarnois qui espère s'être ouvert les portes du marché de la grande plaisance. Samedi, François Fiat disait aux salariés : « Bravo pour votre savoir-faire et comptez sur moi pour le faire savoir » (voir l'article du Télégramme sur la genèse du projet)


Un article de la rédaction du Télégramme