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Piriou met sur cale le premier BSAH

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Le premier des nouveaux bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers destinés à la Marine nationale a été récemment mis sur cale au chantier Piriou de Concarneau. Notifié en août 2015 à Piriou et DCNS, le contrat porte sur la réalisation de deux BSAH, avec une option pour deux unités supplémentaires, inscrites dans la loi de programmation militaire 2014-2019. 

Livrable au premier trimestre 2018, la tête de série sera basée à Toulon, où elle remplacera les bâtiments de soutien de région Gazelle et Taape, opérationnels depuis 1978 et 1983. Les autres BSAH succèderont à Brest aux remorqueurs de haute mer Tenace (1973) et Malabar (1976), ainsi qu’au BSR Elan (1978), positionné à Cherbourg.

 

 

70 mètres et 2700 tonnes

Longs de 70.3 mètres pour une largeur de 15.8 mètres et un tirant d’eau de 5 mètres, les BSAH, dotés d’une coque et de superstructures en acier, afficheront un déplacement de 2700 tonnes en charge. Présentant un port en lourd de 1000 tonnes, ils auront une surface de chargement de 250 m2 et une grue de 12 tonnes à 25 mètres permettant de manutentionner du matériel et des conteneurs. Des soutes spéciales permettront de transporter des armes et  munitions. La drome sera constituée d’une embarcation de travail d’environ 8 mètres, ainsi que d'embarcations semi-rigides.

Support de plongée, remorquage de SNLE, lutte antipollution…

Armés par un équipage de 17 marins, les BSAH pourront accueillir 12 personnes supplémentaires. Ces « passagers » pourront être des plongeurs, qui embarqueront avec leur matériel, les bâtiments étant conçus pour servir de support aux opérations sous-marines. Ils disposeront en outre de moyens de lutte contre les incendies et pourront être gréés pour la lutte antipollution, avec par exemple un barrage flottant de 300 mètres. Capables de remorquer des sous-marins nucléaires lanceurs de d’engins (138 mètres, 12.000 tonnes) ou le porte-avions Charles de Gaulle (261 mètres, 42.000 tonnes), les BSAH auront une puissance de traction au point fixe de 80 tonnes. La partie énergie propulsion comprendra deux moteurs diesels de 2650 kW chacun, ainsi que deux groupes électrogènes d’une puissance unitaire de 300 kWe, les bâtiments étant dotés de deux lignes d’arbres classiques et deux propulseurs d’étrave.

 

 

Des plateformes polyvalentes et très réactives

Bénéficiant d’un design inspiré des navires de services à l’offshore, ce qui avait déjà été le cas pour les bâtiments multi-missions (B2M), auxquels ils ressemblent, les BSAH serviront au soutien d’une force navale (accompagnement d’un groupe aéronaval ou amphibie, intervention auprès d’un un sous-marin en escale), de soutien de région (remorquage d’engins, ancrages, relevages…) et de sauvegarde maritime dans le cadre de l’action de l’État en mer (sauvetage, assistance à la protection des biens, protection de l’environnement, lutte contre les pollutions maritimes…) Pouvant opérer sans ravitaillement pendant 30 jours, ils permettront à la Marine nationale de disposer, sur chaque façade maritime de la métropole, d’unités de soutien très polyvalentes et réactives, l’objectif étant que les BSAH puissent intervenir en moins de 6 heures.

1 million d’heures de travail pour un programme à 160 millions d’euros

Les BSAH, dont le coût unitaire est de 40 millions d’euros, seront réalisés par Piriou à Concarneau. Les bureaux d’études du chantier breton travailleront pour la partie conception avec ceux de DCNS, notamment à Brest et Lorient. Kership, société commune de Piriou et DCNS, assurera la conduite du programme. Ce dernier représentera 250.000 heures de travail pour chaque bâtiment, soit en tout 1 million d’heures et 150 emplois directs sur quatre ans. Si les capacités industrielles de Concarneau ne sont pas suffisantes, Piriou pourra éventuellement sous-traiter des blocs à d’autres industriels français, par exemple à Lorient, le site STX France de Lanester étant notamment évoqué dans les coursives ministérielles. Le chantier concarnois dispose en effet d’un plan de charge assez conséquent, avec trois B2M (et un quatrième en attente de confirmation) à livrer entre fin 2015 et 2016, ainsi que le navire polaire (PLV) livrable aux Terres australes et antarctiques françaises en 2017.  

Piriou Naval Group (ex-DCNS) Marine nationale