Construction Navale
Piriou : « Nous sommes prêts pour le déconfinement » 
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Interview

Piriou : « Nous sommes prêts pour le déconfinement » 

Construction Navale

Le groupe de construction et réparation navales Piriou prépare activement la remontée en puissance de ses différents sites. Interrogé par la rédaction du Télégramme, le PDG du groupe Vincent Faujour se montre optimiste.

Comment vos différentes implantations bretonnes et internationales se sont-elles adaptées à la pandémie ?

Dès le 17 mars, nous avons procédé à des fermetures progressives des sites Piriou et Kership de Lorient, Concarneau, Brest et La Réunion. Une soixantaine de personnes ont continué en télétravail. Fin mars, notre chantier vietnamien a aussi fermé sur décision de l’administration pour quinze jours. En revanche, au Nigeria, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Maroc, la production a continué avec beaucoup de problèmes de rotation de personnels puisque les vols étaient impossibles. Au Nigeria, tout le personnel expatrié est resté travailler dans conditions dégradées car les livraisons de matériel sont complexes. Pour les personnels, nous avons pris des précautions en dupliquant des procédures ad hoc mises en place pendant l’épidémie d’Ébola.

Comment préparez-vous la sortie de crise ?

Nous voulons être opérationnels au moment du déconfinement en remontant progressivement en puissance. Nous testons des procédures qui sont passées au crible en CSE (comité social et économique NDLR) avec les représentants du personnel. Nous comptons, depuis le début, une soixantaine de personnes en télétravail dans les « fonctions vitales » comme les ressources humaines, la direction générale, l’informatique et la maintenance et enfin les services finances et comptabilité indispensables pour payer nos fournisseurs et éviter que la machine entière ne se grippe.

En construction, nous sommes remontés à 80 % de l'activité, contre 25 % en réparation. En Bretagne, sur nos 450 personnes en CDI, 250 sont au travail. Dès le 11 mai, on espère que 100 % des effectifs seront opérationnels. On a loué des bureaux pour dédensifier les locaux. Et nous avons commandé des masques et du gel hydroalcoolique.

La crise sanitaire aura-t-elle un impact durable sur le groupe ?

Pour cette année, nous espérions un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros. Il sera de 160 millions d’euros, au niveau de 2019. Notre chance est d’être soutenus par nos partenaires au capital dont la BPI et un pool bancaire. Si les recrutements et certains gros investissements ont été gelés, nous ne procéderons pas à des licenciements. Nous n’avons pas perdu de commandes. Mais pour atteindre 100 % de notre production avec nos 1000 salariés dans le monde, nous recourons habituellement à des intérimaires, des CDD, des travailleurs détachés sur les métiers en carence. Ça va être compliqué.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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