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Plaisance : Comment le leasing s’est emparé du marché
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Plaisance : Comment le leasing s’est emparé du marché

Longtemps méconnue ou boudée du grand public, la location avec option d’achat (LOA) s’est banalisée au gré du rajeunissement de la clientèle. Coup de projecteur sur ce dispositif devenu incontournable dans la décision d’achat d’un bateau.

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Sur le salon, personne n’en parle mais tous lui disent merci. Merci qui ? Merci à la LOA, acronyme de location avec option d’achat, un mécanisme financier avantageux qui fait les affaires de la filière nautique depuis des décennies. Tellement avantageux qu’il représente désormais neuf ventes sur dix.

 


En quoi ça consiste ?

Il y a trois façons d’acheter un bateau : en payant comptant, à crédit, ou en LOA. Également appelée leasing, cette dernière option consiste à confier l’acquisition du bateau à un établissement bancaire qui le loue au plaisancier, en échange d’un loyer mensuel. À la fin du contrat, l’utilisateur fait valoir son option d’achat, en général 1 % du prix initial, et devient propriétaire du bateau.

Quels sont les avantages ?

La LOA offre un gros avantage tarifaire à condition que le navire soit doté d’un armement hauturier. Cela se traduit par une réduction substantielle de la TVA. L’abattement, que l’on appelle également « réfaction » peut atteindre 30, 50 voire 100 % du montant de la TVA, si bien qu’il est possible de payer son bateau « tout équipé » moins cher que le prix catalogue. « Comparé à l’achat à crédit, cela reviendrait à décrocher un taux d’emprunt négatif », illustre Stéphane Neveu, sur le stand Viaxel, filiale du Crédit agricole.

Qui en profite ?

Tout le monde ! Le client qui fait une bonne affaire ; le vendeur qui signe un bon de commande ; le prêteur qui se rémunère sur le service financier ; et le constructeur qui peut anticiper sa production. « À partir de 7 mètres, un bateau qui n’est pas commandé n’est pas fabriqué », rappelle un cadre de CGI Finance, filiale de la Société générale.

Autant dire que le Nautic, qui représente 20 % des ventes annuelles, constitue un moment clé dans le calendrier de la saison pour l’ensemble de la filière. « Or, sur le salon, il y a deux types d’acheteurs, ceux qui ont mûri leur décision et les autres. Ce sont ces derniers qu’il faut à la fois appâter et rassurer, explique un conseiller financier. « Il y a même des gens qui viennent au salon sans imaginer qu’ils vont signer un bon de commande », sourit-il.

Quels types de bateaux ?

L’essentiel des contrats se situe dans les unités de 7-8 mètres à moteur, souvent achetées par des primo-accédants ou « des retraités qui ont épargné depuis des années, dans l’optique d’un achat », un peu à l’image du marché du camping-car. À l’opposé, certaines opérations s’élèvent à plusieurs centaines de milliers d’euros financées sur quinze ans ».

« Vous avez dit optimisation ? »

Voilà pour le discours… Dans la pratique, d’autres raisons plus « pragmatiques », expliquent le succès de ce levier financier qu’est LOA. Elles se résument en deux mots : optimisation fiscale. En effet, tant que l’option d’achat n’est pas exercée, le bateau n’est pas dans le patrimoine du plaisancier : donc pas d’impôt sur la fortune (ISF). Mais à sa simple évocation, les établissements bancaires, traditionnellement discrets sur leur activité, deviennent mutiques. En plein débat sur l’ISF, le sujet est tabou. Pas question d’éveiller l’attention de Bercy sur ce dispositif un peu trop avantageux pour les plus fortunés.

Un article de la rédaction du Télégramme