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Plaisance : Naissance du premier centre de carénage flottant en aluminium

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Plaisance : Naissance du premier centre de carénage flottant en aluminium

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La société Kermoal Charter, installée à Bouguenais, près de Nantes, vient de mettre en service le premier dry dock flottant en aluminium. D'une longueur de 30 mètres pour une largeur de 13 mètres, l'équipement peut lever des bateaux de 80 tonnes. Après des essais dans le bassin de Saint-Nazaire, il a été chargé cet été à Montoir sur le porte-conteneurs CMA CGM Sainte-Marie, direction la Martinique. Installé sur la commune du Marin, à 300 mètres de la côte, le centre de carénage flottant va assurer l'entretien et les réparations des 35 catamarans de la compagnie de croisière Switch. Un premier chantier est en cours sur le Gauguin, construit il y a un an sur les bords de Loire.
Réalisé par le chantier Alumarine pour la partie chaudronnerie et Kermoal Charter pour l'aménagement, le dry dock, d'un coût de 600.000 euros, présente l'avantage d'être moins onéreux qu'un centre de carénage à terre, tout en solutionnant le problème de la saturation des ports. Il répond, également, aux contraintes écologiques : « Toutes les eaux usées sont récupérées avec un système de bacs intégrés et un séparateur. On peut même installer autour de la structure des ridelles empêchant que les éclaboussures n'atteignent la mer. Ce système est conçu pour être utilisé dans les zones où l'environnement est le plus fragile », explique Claude Kermoal, ancien armateur, à l'origine du concept. Chaque bateau de 20 mètres présentant environ 70 m² de surface souillée, 250 kilos de boues devraient être générées chaque mois pour une vingtaine de carénages. Récupérées dans une cuve tampon, elles seront traitées par un organisme spécialisé.

Les ports de plaisance métropolitains très intéressés

Après un premier contrat en Martinique, un second a été signé avec la société américaine Sun Sail pour la réalisation d'une petite structure de 15 mètre de long pour 9 mètres de large. Une commande plus importante, portant sur un dock de 38 mètres, est en cours de finalisation. L'engin devra soulever des coques de 350 tonnes et sera lui aussi installé aux Antilles. En dehors de l'outre-mer, le marché devrait largement concerner la métropole. Des discussions sont en cours avec plusieurs municipalités, notamment dans la région de Toulon : « Nous avons de nombreux contacts dans les ports français, notamment en Méditerranée où il y a un gros manque de place et la nécessité de développer des centres de carénage dans des zones qu'il faut protéger. Nous faisons du sur mesure, en fonction de la demande des clients. Le dry dock peut, par exemple, être adapté aux monocoques, avec un tirant d'eau plus important ».
L'engin comprend quatre tours. La première accueille le groupe électrogène et les pompes qui permettent, grâce à un système de ballasts, la mise au sec des bateaux en un quart d'heure. La seconde tour contient le système de récupération des eaux usées, la troisième une grue et la quatrième sert au stockage du matériel. Kermoal Charter prévoit de commercialiser principalement quatre tailles de dry docks, de 20 à 45 mètres. Pour les ventes dans la région des Caraïbes, la société est néanmoins confrontée au problème du transport, qui atteint 80.000 euros pour l'équipement livré cet été. Une commercialisation en kit est donc à l'étude afin de réduire les coûts.