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Plan de réforme : Les ports perturbés par un mouvement de grève

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Plan de réforme : Les ports perturbés par un mouvement de grève

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Les ports autonomes français ont été perturbés, hier, par un mouvement de grève lancé par la Fédération Nationale des Ports et Docks CGT. La FNPD CGT dénonce le transfert au secteur privé de toutes les activités de manutention portuaires, tel que prévu dans le projet de réforme du gouvernement. Réputé comme le plus agité socialement, le port de Marseille-Fos a vu ses accès filtrés. A 7 H30, des agents du port et des dockers CGT, appelés également à manifester, se sont rassemblés aux portes d'accès des terminaux de Marseille et Fos. Les grévistes ont empêché, jusqu'à 13 heures, les camions d'entrer et de sortir, en dehors des véhicules en retour ou à destination de la Corse. Les passagers à l'embarquement ont également pu passer. L'activité portuaire phocéenne a été paralysée pour les activités conteneur, pétrole, vracs solides et réparation navale (échouage des navires). Alors que le PAM estimait, hier soir, à 37% de l'effectif disponible le taux de grévistes, dans l'ensemble des bassins de Fos et Marseille, 19 navires ont été touchés par le mouvement.

Blocages plus ou moins importants de Dunkerque à Bordeaux

Au Havre, le mouvement a provoqué l'arrêt de la manutention sur les terminaux conteneurs, notamment à Port 2000. Premier poste du port, le trafic pétrolier, exploité par la CIM, n'a en revanche pas été touché, alors que les entrées et sorties pour tous les bassins de marée étaient assurées. « Le mouvement a surtout impacté le conteneur et les terminaux en amont de l'écluse François 1er, où se trouve Bougainville et une partie des activités pétrochimiques », indiquait en fin de journée le port, où on a constaté une mobilisation plus forte qu'à l'ordinaire. Grutiers, ouvriers, personnels administratifs... En tout, 62% de l'effectif disponible aurait cessé le travail.
A Dunkerque, seul le port Est et son trafic de conventionnel (ciment, laitiers, pétrole...) a été perturbé. « Les terminaux dédiés aux conteneurs, au roulier et aux liaisons transmanche ont fonctionné normalement, étant tous opérés par des groupes privés. Les minerais et le charbon ont aussi fonctionné normalement », précisait-on au PAD. En tout, 5 à 6 navires ont été touchés à Dunkerque, selon la direction. Alors que des blocages de terminaux étaient observés à Bordeaux et La Rochelle, les perturbations semblaient assez limitées à Rouen. Les grands terminaux sont restés opérationnels. Le vrac à Grand Couronne, les raffineries à Petit Couronne et Port Jérôme ne sont, en effet, pas opérés par les grutiers et portiqueurs de PAR. Pour les autres terminaux, « les armateurs ont pris leurs dispositions avant le déclenchement de la grève », faisait-on valoir au port. Quatre navires se sont quand même retrouvés immobilisés.

Des incidents à Nantes

La situation a, en revanche, été beaucoup plus tendue à Nantes Saint-Nazaire, réputé d'ordinaire comme socialement calme. Quelques 60% des effectifs étaient en grève et, à 7H30, les accès au centre administratif de Montoir et au siège de Nantes ont été bloqués. « A Montoir, il y a eu des pneus brûlés, des serrures bloquées et une porte cassée. Les grévistes sont ensuite venus à Nantes où il a eu des actes de vandalisme et des lancés de fumigènes », explique-t-on au port, qui a fait constater par huissier les dégradations mais aussi le blocus des accès, qui « constitue selon le droit lié au code du travail une obstruction pour les salariés qui veulent travailler ». Après avoir manifesté devant le siège du PANSN, une partie des grévistes a ensuite gagné le cabinet d'avocat de Michel Quimbert, président du conseil d'administration du PANSN. « Ils ont lancé des oeufs et taggé sur le mur du bâtiment "Premier Avertissement" ». Côté trafic, l'activité a été très perturbée. Les terminaux conteneurs, multivracs et agroalimentaire de Montoir ont été touchés, de même que le terminal charbonniers et les activités nantaises à Cheviré et Rochemaurice.

« Une réussite totale » estime la CGT

Si certains ports ont été très affectés, dans l'ensemble, on ne peut pas parler de paralysie générale. De nombreux terminaux sont restés en service, la manutention n'y étant pas assurée par les agents portuaires ou les dockers. Il faut également noter que les grévistes n'ont pas reçu le soutien d'un certain nombre de professions. Ainsi, les marins du port de Nantes n'ont pas cessé le travail, tout comme les éclusiers dunkerquois. Dans plusieurs ports, les personnels administratifs, où d'autres syndicats sont majoritaires, n'ont pas suivi l'appel de la CGT. Cette dernière a, en revanche, très fortement mobilisé chez les personnels de manutention, où elle est très majoritaire et où la quasi-totalité des effectifs a cessé le travail. « Alors que le gouvernement voulait tester notre capacité de mobilisation, la grève est une réussite totale », s'est félicité le syndicat, qui se dit prêt à reprendre les négociations. Si la CGT soutien, dans son ensemble, le projet de relance des ports, elle refuse catégoriquement le transfert des activités de manutention aux opérateurs privés. Son message est d'ailleurs clair : Si le gouvernement maintient le cap sur cette mesure, « cela mettra le feu aux poudres ». La manutention emploierait au moins 2000 personnes dans les ports autonomes.

Une table ronde sur le projet de loi le 8 avril

De son côté, le gouvernement souhaite toujours déposer, durant le printemps, un projet de loi sur la réforme des ports. En attendant, réunions et tables rondes se poursuivent. Hier, l'Union nationale des industries de manutention (UNIM), l'union des ports autonomes et des chambres de commerce et d'industrie maritimes (UPACCIM), ainsi que la CFE-CGC, la CFDT, FO, la FNSIICPACCIM et la CNTPA ont été reçues par Dominique Bussereau. Le secrétaire d'Etat aux transports a invité les partenaires sociaux à engager, dans les meilleurs délais, une négociation paritaire sur le rapprochement des conventions collectives de l'UPACCIM et de la manutention. Alors que le gouvernement souhaite que ces négociations puissent aboutir avant la fin de l'année, une nouvelle table ronde a été programmée le 8 avril. Elle sera consacrée au projet de loi sur le plan de relance des ports.

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