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Plan de relance : Trois semaines de grève dans les ports autonomes

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Plan de relance : Trois semaines de grève dans les ports autonomes

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Lancés depuis la mi-avril, les appels à la grève de la fédération des ports et docks CGT ont été bien suivis, même si le syndicat a été contraint de cesser vendredi le mouvement à Marseille suite à une décision de justice. Le tribunal de grande instance a, en effet, jugé illégale la grève, obligeant la CGT à retirer son préavis pour cinq jours. Vendredi midi, le port autonome indiquait que l'activité portuaire était assurée « dans tous les secteurs du port », des cadences ralenties étant néanmoins constatées pour les conteneurs à Fos et Marseille. La situation s'était cependant largement améliorée, plusieurs dizaines de navires étant bloqués à quai ou en attente sur rade en milieu de semaine. Destiné à protester contre le transfert des personnels de manutention des établissements publics vers le secteur privé, prévu dans le cadre du plan de relance des ports autonomes, le mouvement touche l'ensemble des places portuaires depuis trois semaines.
Vendredi, cette grève « perlée » perturbait le trafic au Havre, à Rouen ou encore à Nantes Saint-Nazaire. Dans l'estuaire de la Loire, cinq navires étaient en attente de déchargement et deux autres patientaient au large, la CGT indiquant que les personnels ne travailleraient pas durant le week-end. Pour Rouen, on relevait vendredi que la manutention de quatre navires était perturbée. Hier, alors qu'aucun problème n'était signalé à Dunkerque, où l'activité du port Est a été touchée ces dernières semaines, le Havre était toujours confronté aux arrêts de travail des grutiers et éclusiers. La grève impactait les terminaux à conteneurs ainsi que l'activité pétrochimique située en bas des écluses. La direction du PAH a estimé que le mouvement avait fait chuter de moitié le trafic normal de conteneurs, habituellement de 27.000 EVP par semaine. Les conséquences économiques ne sont évidemment pas négligeables. Les pertes des ports atteindraient, selon les syndicats, plusieurs millions d'euros par jour. Mais, au-delà des terminaux, c'est toute la chaîne logistique qui est désorganisée. Les armateurs sont, en effet, contraints de débarquer leurs marchandises dans d'autres ports, en Belgique, en Espagne ou en Italie par exemple.
La CGT souhaite néanmoins maintenir la pression sur le gouvernement. Adopté le 23 avril en conseil des ministres, le projet de relance des ports français doit être examiné par le parlement ce mois-ci.

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