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Plastic Odyssey : Transformer les déchets plastiques en objets et en carburant

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Les déchets plastiques s'accumulent, notamment dans les mers et les océans. À Concarneau, Plastic Odyssey propose de les traiter sur les côtes les plus polluées pour en faire quelque chose d'utile aux populations.

Non, le projet Plastic Odyssey n'a pas pour objectif d'aller en mer s'attaquer au « 7e continent », cette monstrueuse masse de déchets plastiques localisée en plein Pacifique. « Notre projet est d'attaquer le problème à sa source, car on sait que les déchets qui finissent en mer proviennent majoritairement d'une bande de 50 km de large, le long des côtes d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du sud », résume Simon Bernard, âgé de 26 ans, l'un des quatre fondateurs de Plastic Odyssey.

C'est d'ailleurs en avril 2016, sur les plages de Dakar, que le Concarnois a pris conscience d'un problème qu'il a immédiatement eu envie de résoudre. « Je me suis dit que le mieux était de trouver une solution pour recycler toutes ces matières plastiques. » De retour en France, ce tout jeune diplômé (officier de la Marine marchande et ingénieur) de l'École nationale supérieure maritime (ENSM) de Marseille décide de s'atteler à la tâche. Avec un objectif : « Rendre accessible les technologies de recyclage au plus grand nombre », précise-t-il.

 

L'équipe de Plastic Odyssey : le Lorientais Benjamin De Molliens, le Nantais Bob Vrignaud, le Bordelais Alexandre Dechelotte et le Concarnois Simon Bernard
 

Trois machines compatibles système modulable

Le dispositif Plastic Odyssey repose sur trois « machines » et sur un vecteur de communication très fort. Ainsi, l'équipe développe un petit capteur optique capable de trier les dix catégories de plastiques différents. « Il coûtera moins de 100 € alors que les capteurs actuels sont commercialisés à environ 15.000 € », précise Simon Bernard. La deuxième machine doit permettre de transformer directement les plastiques en objets. « Selon les besoins locaux, on peut fabriquer des bassines, des seaux, mais aussi des poteaux, des tuiles de toit ou mêmes de briques pour fabriquer des maisons ». Le coût de cette machine devrait être compris entre 10.000 € et 20.000 €. La troisième machine fonctionne sur un système de pyrolyse qui permet, pour chaque kilogramme de plastique traité, d'obtenir environ un litre de carburant (diesel et essence).

« Ces machines sont destinées à de petits entrepreneurs locaux dans les zones côtières les plus polluées. Elles peuvent être utilisées ensemble ou séparément, selon les besoins. La pyrolyse peut par exemple servir à alimenter en carburant la deuxième machine qui fabrique des objets. Les trois machines sont toujours en cours de développement et il est prévu que la production en série débute en 2024.

 

 

Station-service sur la mer

D'ici là, Plastic Odyssey aura fait le tour du monde avec son ambassadeur. Il s'agit d'un catamaran de 25 m qui sera construit à La Rochelle. Il embarquera la machine à pyrolyse et produira donc son propre carburant. « C'est un peu comme si on embarquait une station-service », s'amuse Simon Bernard. L'expédition devrait partir en novembre 2019 et comptera une trentaine d'escales jusqu'en 2022. Encore avant cela, un prototype de 6 m, Ulysse, sera mis à l'eau à Concarneau à la mi-juin et il participera à une dizaine d'événements dans l'Hexagone.

Pour l'instant, des entreprises soutiennent la phase prototype en qualité de mécènes à hauteur de 300.000 €. Ces mêmes entreprises se positionneront par la suite, au moment de la levée de fonds de 13 millions d'euros, qui devra permettre de financer la fin de développement des machines, leur fabrication en série, ainsi que le tour du monde du catamaran.

Un article de la rédaction du Télégramme