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Construction Navale

Focus

Plastimer, la recherche du meilleur compromis entre technologie et simplicité

Construction Navale

Plastimer est un petit chantier naval situé au port de Saint-Guénolé, sur la commune de Penmarc’h dans le Finistère, qui a plus de 30 ans d’existence. L’entreprise est dirigée par Jean-Bernard et Monique Fürstenberger. Comme son nom le laisse entendre, elle est spécialisée dans la construction de navires en composite. Avant 1997, la chantier réalisait principalement de la plastification sur des unités déjà existantes. Depuis cette date, elle fabrique des embarcations neuves. Dans l’ensemble, 60% de l’activité concerne la construction navale, le reste étant partagé entre la maintenance et la réparation.

Une fabrication traditionnelle

Chez Plastimer, on ne peut pas parler d’industrie. « Nous faisons du sur-mesure, nous sommes des artisans», indique Jean-Bernard Fürstenberger. C’est d’ailleurs un leitmotiv pour l’entreprise. « Les techniques actuelles d’infusion pour le polyester sont de plus en plus répandues. Dans notre cas, nous ne sommes pas encore convaincus par les avantages de cette technique. Nous avons fait le choix de continuer à travailler de manière traditionnelle, à la main ». Les résines et Gelcoats utilisés sont dits pur isophtaliques, car leurs caractéristiques mécaniques sont supérieures aux orthophtaliques. Le rapport poids entre résine et tissu de verre atteint 50% avec la technique de stratification au contact, privilégiée par le constructeur.

 

La main d'oeuvre du chantier est jeune et l'entreprise résolument familiale (© PLASTIMER)

La main d'oeuvre du chantier est jeune et l'entreprise résolument familiale (© PLASTIMER)

 

La recherche et le développement en interne

Ce choix dans le process vient d’une grande attention portée à la technique au sens large. Ainsi, les entrepreneurs ont constaté la solidité des bateaux construits de cette manière à travers le temps, à l’inverse d’autres plus récents. Ils ne souhaitent donc pas faire table rase des techniques anciennes. Les avancées technologiques sont faites progressivement.

Par ailleurs, Plastimer dispose de son propre bureau d’études. Celui-ci lui permet d’abord de répondre à des demandes venant d’armateurs. « Nous sommes en contact direct, les pêcheurs nous connaissent, moi par exemple j’ai navigué dans ma jeunesse. Nous comprenons les attentes de nos clients », détaille le cogérant de Plastimer. Jean-Bernard Fürstenberger est dessinateur industriel, sa femme Monique est elle architecte navale. À deux, ils réalisent une grande partie de la conception des navires qu’ils construisent. Les phases de finalisations techniques pouvant faire intervenir des acteurs extérieurs.

Le bureau d’études sert aussi à préparer l’avenir. « À notre échelle, on cherche à penser le navire du futur. On planche notamment sur les design de carènes. Pour l’instant nous avons réalisé quelques dépôts d’idées et de marques ».

Un à deux bateaux par an

Plastimer est en mesure de construire des bateaux en polyester de 8 à 12 mètres à raison d’un à deux exemplaires par an. On retrouve principalement des bateaux de pêche dans le carnet de commandes. En tout, six salariés composent l’équipe de production en plus des deux gérants, qui œuvrent dans le bureau d’études.

 

Le Belen une fois mis à l'eau ( © PLASTIMER)

Le Belen une fois mis à l'eau ( © PLASTIMER)

 

En 2017, le chantier a remis au patron de pêche Olivier Argelas, du Cap Ferret, un fileyeur rapide de 10 mètres par 4, l’Ex Nihilo. Il dispose de deux moteurs placés dans une salle des machines dont  la maintenance se veut aisée grâce à une bonne accessibilité. En mars 2018, c’est un palangrier coquillier, le Belen, qui a été livré pour Gwendal Le Roux, basé à l’île d’Houat. Il mesure 10 mètres par 4.2 mètres. Comme pour les autres bateaux sortis du chantier, l’armateur a participé à la phase de création. Aujourd’hui, Plastimer travaille sur un fileyeur de 9.8 mètres de long pour 4.2 mètres de large, destiné à un jeune armateur de Lesconil. Le bureau d'études Coprexma intervient dans la finalisation des dossiers techniques et administratives du bateau. La mise à l'eau du fileyeur est prévue pour fin 2018.

L’activité est donc pleine chez Plastimer. D’ailleurs, deux postes en CDD sont à pourvoir. Le chantier naval planche sur d'autre projets pour l'année 2019.

 

Le Belen à la sortie du chantier (© LE TELEGRAMME)

Le Belen à la sortie du chantier (© LE TELEGRAMME)

Chantiers Navals 2018