Histoire Navale
Plongée dans les archives : l'Aconit, unique frégate anti-sous-marine du type F65
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Plongée dans les archives : l'Aconit, unique frégate anti-sous-marine du type F65

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Défense

Pour cette dernière plongée dans les archives de la saison, nous nous intéressons aujourd’hui à l’ancienne frégate anti-sous-marine Aconit, qui a servi dans la Marine nationale de 1973 à 1997. Un bâtiment prototype resté unique en son genre.

Sa genèse remonte au début des années 60. L’évolution rapide de la menace sous-marine - en particulier soviétique - avec le développement de la propulsion nucléaire conduit la France à plancher sur une nouvelle génération de bâtiments dédiés à la lutte ASM. La Marine Nationale et les arsenaux partent des évolutions majeures intervenues dans ce domaine avec la mise en service en 1962 du dernier escorteur d’escadre français, le La Galissonnière, sur la base duquel a déjà été décidée la refonte de six EE pour la lutte anti-sous-marine : Cinq T47 (Maillé-Brézé, Vauquelin, D’Estrées, Casabianca et Guépratte) remis en service après transformation entre 1968 et 1971, ainsi qu’un T53, le Duperré, qui après avoir servi de plateforme expérimentale pour un sonar remorqué à grande profondeur de 1967 à 1971 est refondu de 1972 à 1974 (voir notre article sur les anciens esorteurs d'escadre).

 

Le Duperré en 1971, lorsqu'il servait à l'expérimentation de sonars remorqués (© GIORGIO ARRA)

Le Duperré en 1971, lorsqu'il servait à l'expérimentation de sonars remorqués (© GIORGIO ARRA)

Le Duperré après refonte, en 1975 (© GIORGIO ARRA)

Le Duperré après refonte, en 1975 (© GIORGIO ARRA)

Le Maillé-Brézé après refonte, photographié ici en 1987 (© BERNARD PREZELIN)

Le Maillé-Brézé après refonte, photographié ici en 1987 (© BERNARD PREZELIN)

Le Guépratte après refonte, ici en 1982  (© GIORGIO ARRA)

Le Guépratte après refonte, ici en 1982  (© GIORGIO ARRA)

 

Alors que quatre autres escorteurs d’escadre sont transformés de 1961 à 1965 en bâtiments de lutte antiaérienne avec le système américain Tartar (Kersaint, Bouvet, Dupetit-Thouars et Du Chayla), la marine décide ne pas modifier le sept autres T47 et T53, entrés en flotte entre 1955 et 1958, mais de développer une nouvelle plateforme nativement conçue pour la lutte ASM moderne et intégrant les dernières évolutions technologiques, notamment en matière de propulsion et de discrétion acoustique. Les équipements restent néanmoins très similaires ce qui fait que l'Aconit est souvent considérée comme l'ultime évolution des escorteurs d'escadre ASM. 

C’est ainsi que nait le projet C65, qui doit comprendre un total de cinq unités. Pour ces bâtiments de nouvelle génération, la Marine nationale retient la désignation de corvettes, ce qui sera également le cas des Georges Leygues (C70) qui suivront à partir de 1979. Dans un souci d’harmonisation avec les flottes étrangères, les C65 et C70 seront en 1988 reclassées frégates, devenant les F65 et F70. Pour baptiser la tête de série, l’état-major choisit un nom aussi symbolique que prestigieux, celui d’Aconit, porté pendant la seconde guerre mondiale par une petite corvette du type Flower cédée par les Britanniques aux Forces Navales Françaises Libres (FNFL). Un bâtiment qui se rend célèbre en coulant le même jour, le 11 mars 1943, deux sous-marins allemands alors qu’il escortait un convoi dans l’Atlantique.

 

L'Aconit en mars 1943 à Greenock, quelques jours après avoir coulé deux U-boot (© IMPERIAL WAR MUSEUMS)

L'Aconit en mars 1943 à Greenock, quelques jours après avoir coulé deux U-boot (© IMPERIAL WAR MUSEUMS)

 

La construction de l’Aconit débute à Lorient en 1967. Elle est mise à l’eau en mars 1970 et entre en service en mars 1973. Long de 127 mètres pour une largeur de 13.4 mètres et un déplacement de plus de 3850 tonnes en charge, le bâtiment était armée par 230 marins, dont une quinzaine d’officiers. L'Aconit est comme les escorteurs d’escadre ASM doté d’un sonar de coque DUBV 23 et un sonar remorqué à immersion variable DUBV 43. Ses moyens électroniques comprennent un radar de surveillance aérienne DRBV-22A sur un mât à l’arrière, ainsi qu’un radar de veille combinée DRBV-13 sous radôme derrière la passerelle. S’y ajoute des moyens de communication et de guerre électronique, notamment sur la mâture surplombant la cheminée, ainsi qu’un télépointeur analogue à ceux des EE pour l’artillerie principale, constituée de deux tourelles de 100mm modèle 68. Le reste de l’armement comprend un système Malafon (missile

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