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Plongée dans les archives : les anciens escorteurs d’escadre
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Plongée dans les archives : les anciens escorteurs d’escadre

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Nouvelle plongée aujourd’hui dans les archives photographiques, notamment celles de Jean-Louis Venne et Bernard Prézelin. Avec comme premières images illustrant cet article des clichés de l’ancien escorteur d’escadre D’Estrées, en service dans la Marine nationale de 1957 à 1985 et coulé en 2001 en Méditerranée par une torpille lors d’un exercice du sous-marin nucléaire d’attaque Saphir.

On voit ici le D’Estrées le 15 février 1979 à Toulon, où il côtoie notamment les porte-avions Clemenceau et Foch (le premier est visible en arrière-plan sur l’une des photos), qui ont quitté quatre ans plus tôt Brest, où ils étaient basés depuis leur mise en service en 1961 et 1963. Leur nouveau port d’attache est devenu en 1975 la rade varoise, plus proches des nouveaux théâtres d’opérations.

 

 

Le D'Estrées en 1979 (© JEAN-LOUIS VENNE)

Le D'Estrées en 1979 (© JEAN-LOUIS VENNE)

 

La relance de l’industrie navale après laguerre

Mis sur cale à Brest en octobre 1953, mis à l’eau en novembre 1954 et entré en service en mars 1957, le D’Estrées fait partie des douze escorteurs d’escadre du type T47 qui, avec les dix-huit escorteurs rapides des types E50 et E52, furent les premiers bâtiments de combat construits en France après la seconde guerre mondiale. Des unités qui voient le jour grâce à l’argent injecté par les Américains dans le sillage du plan Marshall (1947) et de la création de l’OTAN (1949). Ils permettant de relancer l’activité des chantiers hexagonaux civils et militaires et de moderniser rapidement la flotte française. Celle-ci n’a en grande partie pas survécu à la guerre et, pour les unités qui en sortent, sont pour la plupart obsolètes ou usées avant l’heure. De plus, alors que l’escorte des convois et de grandes unités de combat s’est révélée cruciale pendant le conflit, la Marine nationale ne dispose alors que d’un petit nombre de bateaux adéquats. Il ne lui reste qu’une demi-douzaine de contre-torpilleurs, les vieux Tigre (1926) et Albatros (1931), le premier étant mis en réserve dès 1948 (le second étant condamné en 1959) et quatre bâtiments de la classe Le Fantasque (Le Fantasque, Le Malin, Le Terrible et Le Triomphant) entrés en flotte en 1936 et qui seront condamnés entre 1954 et 1964. S’y ajoutent quelques « prises de guerre », soit quatre anciens destroyers allemands et deux croiseurs légers italiens, les premiers étant désarmés dès la fin des années 50 et les autres au début des années 60.  

 

Le La Bourdonnais en 1975 (© GIORGIO ARRA)

Le La Bourdonnais en 1975 (© GIORGIO ARRA)

Le La Bourdonnais en 1970 (© GIORGIO ARRA)

Le La Bourdonnais en 1970 (© GIORGIO ARRA)

 

Dans la lignée des derniers contre-torpilleurs français et destroyers américains

La conception des T47 n’a rien de révolutionnaire. Elle s’inspire directement des destroyers américains du type Gearing, dont une centaine d’exemplaires a été mise en service à la fin de la guerre, ainsi que des derniers contre-torpilleurs français, les Fantasque mais aussi les Mogador et Volta, unités de 137 mètres et plus de 4000 tonnes mises en service en 1939 et sabordées à Toulon en novembre 1942. Frôlant les 40 nœuds, ces bâtiments disposaient de quatre tourelles doubles de 138mm, de l’artillerie légère, dix tubes lance-torpilles et des grenades anti-sous-marines.

Longs de 128 mètres pour une largeur de 12 mètres et un déplacement de 3700 tonnes en charge, les T47 peuvent atteindre 32 nœuds avec deux chaudières brûlant du mazout, deux turbines et deux lignes d’arbres, la puissance totale étant de 63.000 cv. Leur équipage compte 350 marins et l’armement est axé comme leurs aînés sur la défense antiaérienne et la lutte anti-sous-marine. Avec pour cela six tourelles doubles, trois de 127mm et trois de 57mm, quatre canons de 20mm, douze tubes lance-torpilles en quatre plateformes triples. L’électronique comprend deux radars de surveillance DRBV-20A et DRBV-11, deux télépointeurs pour l’artillerie et un sonar de coque.

 

Escorteurs d'escadre en construction dans les années 50. Lorient produit les Surcouf, Kersaint, Bouvet, Maillé-Brézé et Vauquelin du type T47 puis le T53 Duperré et le T56 La Galissonnière (© NAVAL GROUP)

Escorteurs d'escadre en construction dans les années 50. Lorient produit les Surcouf, Kersaint, Bouvet, Maillé-Brézé et Vauquelin du type T47 puis le T53 Duperré et le T56 La Galissonnière (© NAVAL GROUP)

 

Tête de série de ce programme, le Surcouf, dont l’assemblage débute dans la forme de construction de Lorient en juillet 1951, est mis  …

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