Construction Navale
P&O Cruises commande un paquebot de 141.000 tonneaux chez Fincantieri

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P&O Cruises commande un paquebot de 141.000 tonneaux chez Fincantieri

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Le groupe italien Fincantieri a annoncé le 1er juin la commande, par la compagnie britannique P&O Cruises, d'un gros paquebot de 141.000 tonneaux. Cette unité, dont la capacité sera de 3611 passagers, est livrable en mars 2015. Fincantieri et P&O ont diffusé une simple vue de profil du futur navire, ce qui permet de voir qu'il sera dérivé des deux unités commandées l'an dernier par Princess Cruises, filiale de P&O (elle-même filiale du géant américain Carnival). Il y aura bien évidemment des adaptations, dont la présence de deux cheminées au lieu d'une. Mais, pour le gros de la coque, les deux compagnies suivront la logique des séries qui a prévalu avec les derniers paquebots de P&O, le Ventura (2008) et l'Azura (2010), quasi-sisterships des Emerald Princess et Ruby Princess, livrés en 2007 et 2008 par Fincantieri. Les caractéristiques du futur P&O, qu'il s'agisse de jauge ou de capacité, sont les mêmes que celles du futur Royal Princess et de son jumeau, dont la mise en service est attendue en 2013 et 2014.

Vue du futur P&O  (© : PRINCESS CRUISES)
Vue du futur P&O (© : PRINCESS CRUISES)

Vue du futur Royal Princess  (© : PRINCESS CRUISES)
Vue du futur Royal Princess (© : PRINCESS CRUISES)

Une petite bulle d'air pour les chantiers

La commande de ce nouveau géant destiné à P&O Cruises est une excellente nouvelle pour Fincantieri, qui est actuellement confronté à une importante baisse d'activité en raison du faible nombre de contrats signés ces dernières années. Mais cette commande est très loin de solutionner le problème de sous-charge. Le navire ne sera, en effet, livré que début 2015, ce qui ne permet pas de répondre au trou d'air de 2013 et 2014, où seuls deux paquebots (ceux de Princess) doivent pour le moment être achevés. La situation est d'autant plus difficile que le gouvernement italien a, finalement, fait machine arrière sur le projet de suppression de 2500 postes (sur 8500 salariés) et de fermeture deux chantiers (Castellamare di Stabia et, surtout, Sestri Ponente, situé près de Gènes et spécialisé dans la croisière). Fincantieri conserve donc 8 chantiers et une capacité bien supérieure à son carnet de commandes.
ZSur le segment de la croisière, si l'on excepte le Costa Favolosa (114.500 tonneaux, 3800 passagers), que Marghera terminera à la fin du mois, il ne reste à achever, pour 2012, que le Costa Fascinosa (114.500 tonneaux, 3800 passagers) et le Carnival Breeze (130.000 tonneaux, 4600 passagers), sistership des Carnival Dream et Carnival Magic, mis en service en 2009 et 2011. On est donc très loin de la capacité des établissements de Monfalcone, Marghera et Sestri Ponente, qui peuvent sortir chacun au moins deux navires par an.

Les Carnival Magic  (© : FINCANTIERI)
Les Carnival Magic (© : FINCANTIERI)

Carnival comme bouée de sauvetage

Pour augmenter la charge de travail dans ses chantiers, Fincantieri doit donc, à tout, prix, décrocher de nouvelles commandes. Et les yeux se tournent bien évidemment vers son client principal, le groupe américain Carnival (dont P&O Cruises est une filiale), pour lequel l'industriel italien a réalisé 52 des 59 navires de croisière qu'il a réalisé depuis 1990. En dehors de P&O Cruises, Fincantieri mise beaucoup sur les prochaines séries de navires destinées à Costa Crociere et Holland America Line, dont la commande, pressentie depuis des mois, se fait encore attendre. De même, on imagine que le fleuron du groupe, Carnival Cruise Line (CCL), voudra poursuivre son développement après la livraison du Carnival Breeze l'an prochain. Jusqu'ici, Fincantieri est parvenu à fidéliser son principal client, notamment en jouant sur les gains générés par des effets de série liés à la déclinaison de designs sur différentes filiales. Mais les jeux peuvent se rouvrir si l'armateur opte pour un ou plusieurs prototypes, et la concurrence est très rude avec les autres chantiers, notamment ceux du groupe STX, qui souffrent également de la baisse de nombre de commandes. Reste que, dans le cas de Costa, même si un nouveau design est souhaité, Fincantieri demeure favori. Premier acteur du tourisme transalpin, la compagnie est, en effet, italienne et, politiquement et socialement, une commande dans un autre chantier (même si cela s'est déjà vu), ferait actuellement l'effet d'une bombe.

Les Costa Deliziosa et Costa Luminosa à Marghera en 2009  (© : FINCANTIERI)
Les Costa Deliziosa et Costa Luminosa à Marghera en 2009 (© : FINCANTIERI)

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