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Pointe-à-Pitre : Le trafic conteneurs monte en puissance

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Pointe-à-Pitre : Le trafic conteneurs monte en puissance

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Alors que les ports antillais espèrent bénéficier à plein de l’agrandissement du canal de Panama, qui ouvrira au printemps, Pointe-à-Pitre a accueilli le lundi 8 février le CMA CGM Pointe Marin, premier des quatre nouveaux porte-conteneurs déployés par CMA CGM sur sa ligne historique entre l’Europe du nord et les Antilles. Remplaçant les anciens « Forts », qui assuraient jusqu’ici ce service, ces unités affrétées sont plus grandes, permettant d’anticiper la hausse du trafic à partir des hubs caribéens et la croissance des économies locales. « En faisant évoluer sa flotte à destination des Antilles, CMA CGM répond à la fois à la croissance du marché antillais, qui est d’environ 3% par an, et des échanges intra-Caraïbes. En effet, ces volumes supplémentaires amèneront également du trafic additionnel en transbordement », explique l’armement français, qui a également décidé d’intégrer une nouvelle escale à Rotterdam au sein de son service North Europe French West Indies (NEFWI). La rotation de ce dernier est désormais la suivante : Dunkerque, Zeebrugge, Rotterdam, Le Havre, Montoir de Bretagne, Pointe à Pitre, Fort de France, Pointe à Pitre, puis à nouveau Dunkerque.

 

Des navires de plus de 2800 EVP

Construit en Chine en 2007 et exploité auparavant sous le nom d’Hammonia Antofagasta, le CMA CGM Pointe Marin mesure 224.2 mètres de long pour 31 mètres de large. Il peut, selon les derniers chiffres fournis par CMA CGM, transporter jusqu’à 2851 EVP et dispose de 650 prises reefer pour les conteneurs réfrigérés. La capacité est donc nettement supérieure à celle des Fort St Louis, Fort Ste Marie, Fort St Georges et Fort St Pierre, navires de 197.2 mètres de long pour 30.2 mètres de large capable d’accueillir 2260 EVP, dont 556 reefer. « CMA CGM augmente de près de 30% son offre de transport pour la Guadeloupe et favorise les économies d'échelle en massifiant les flux », souligne Guadeloupe Port Caraïbes.

Et CMA CGM n’est pas le seul armement desservant les Antilles françaises à se renforcer. En prévision de la hausse du trafic sur la zone Amériques liée à l’ouverture du nouveau canal de Panama, StreamLines a, ainsi, décidé de muscler en janvier son service Blue Stream qui, depuis Rouen, dessert la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin mais aussi  Puerto Cortes (Honduras), Santo Tomas (Guatemala), Port Canaveral (Floride) et Manzanillo (République Dominicaine). La ligne, qui était exploitée avec de petits porte-conteneurs de 700 EVP, l’est désormais avec cinq unités de plus de 1300 EVP (dont 250 reefer).

 

Le Norderoog , l'un des nouveaux navires de StreamLines (© FABIEN MONTREUIL)

Le Norderoog , l'un des nouveaux navires de StreamLines (© FABIEN MONTREUIL)

 

Connexion à un réseau mondial

D’autres développements pourraient voir le jour ultérieurement grâce à la massification des flux et les nouvelles perspectives qu’offre Panama entre le Pacifique et l’Atlantique, les deux façades américaines et l’Europe, ainsi que des destinations plus lointaines. Car, rappelle le port guadeloupéen, « Au-delà de l'accroissement de la taille des navires, c'est l'élargissement du réseau, dans lequel la Guadeloupe et la Martinique prennent toute leur place, qu'il faut souligner. La connexion directe et hebdomadaire opérée par CMA CGM à Rotterdam, la plus grande plateforme d'échanges d'Europe, et à Zeebruge, augmente considérablement la "connectivité" des Antilles Françaises. Parallèlement, de nouvelles connexions sont établies avec les USA par d'autres lignes. Cette opportunité de nouvel effet "réseau" appelle des initiatives des chargeurs pour créer encore davantage de valeur au bénéfice de l'activité et de l'emploi en Guadeloupe ». Dans cette perspective, le port entend étudier avec tous les partenaires concernés le développement futur des infrastructures. Il s’agit, selon lui, de « consolider la desserte directe de l'archipel, développer les transbordements, notamment ceux à création de valeur locale augmentée, les dessertes régionales les plus pertinentes, les débouchés des productions locales, en particulier agricoles et industrielles, la complémentarité entre les terminaux de Jarry et de Basse-Terre ».

 

Travaux de dragage en 2015 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Travaux de dragage en 2015 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Des navires plus gros grâce au dragage

L’autorité portuaire compte ainsi poursuivre sur la lancée des grands travaux de dragage qui viennent de s’achever. L’arrivée progressive de navires de plus fort gabarit, en particulier ceux de CMA CGM, a en effet été rendue possible par l’amélioration des accès nautiques de Pointe-à-Pitre. « Avant les dragages opérés en 2015 par Guadeloupe Port Caraïbes, ces navires ne pouvaient pas faire escale au terminal de Jarry, en raison de l'insuffisance des profondeurs ». Grâce à ce chantier, initié en 2009 et qui s’est achevé il y a quelques semaines, le chenal a vu sa profondeur passer de 11 à 16.2 mètres, avec comme objectif de pouvoir accueillir à Jarry des porte-conteneurs d’une capacité allant jusqu’à 4500 EVP.

Au-delà de l’amélioration de ses accès, le Grand Port Maritime de la Guadeloupe s’est également employé, avec les armateurs, les chargeurs et les différents professionnels portuaires, à mettre en place une offre logistique performante pour assurer des transbordements vers la zone Caraïbes. Cette activité de hub représente désormais 30% de l’activité, le trafic conteneurs guadeloupéen ayant atteint un record en 2015 avec 62.000 EVP traités.  

 

Le terminal conteneurs de Pointe-à-Pitre (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le terminal conteneurs de Pointe-à-Pitre (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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