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Polar Pod : Nouveaux essais en bassin

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Polar Pod : Nouveaux essais en bassin

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Le Polar Pod poursuit son développement. Après une première série d'essais en 2014, l'engin flottant imaginé par Jean-Louis Etienne bénéficie à nouveau des compétences du bassin d'essais de l'Ifremer à Plouzané, près de Brest. 

Le parallèle avec la station spatiale internationale s'impose. Le drôle de vaisseau tournera autour du continent Antarctique, poussé par les courants et les vents violents de cette région inhospitalière. À 2 km/h de vitesse, la station de mesures scientifiques permettra d'en savoir davantage sur la fonction et l'évolution de ce principal puits de carbone de la planète.

 

Le concept (© : POLAR POD)

Le concept (© : POLAR POD)

 

Deux mois à bord

Il faudra environ deux années au tube flottant pour faire le tour de ce continent de glace. Les équipes de marins (trois personnes) et les scientifiques (quatre) se relayeront tous les deux mois pour poursuivre les mesures liées à l'état de la planète. Le bassin d'essais d'Ifremer accueille une nouvelle maquette au 1/68e du futur Polar Pod (après les essais de 2014 au 1/41e) pour affiner l'effet des vagues sur la structure, ses mouvements ainsi que les efforts induits. Cette nouvelle cession de mesures va permettre de finaliser les choix architecturaux, de matériaux et les coefficients de sécurité.

 

Nouveaux essais en bassin (© : LE TELEGRAMME)

Nouveaux essais en bassin (© : LE TELEGRAMME)

 

250 m² d'espace habité

Au beau milieu des 50e Hurlants, le train de houle régulier de 4 à 5 m peut s'amplifier jusqu'à une dizaine de mètres pendant les périodes de vents forts et générer des vagues jusqu'à 15 à 18 m. Aucun ordinateur ni modèle n'est pour le moment capable de remplacer cette prise de mesures en bassin. Cette mesure précise des efforts et des effets des vagues sur la structure s'avère déterminante pour dimensionner le projet. « Notre objectif est de construire une nacelle légère (en aluminium) pour limiter les mouvements dans le mauvais temps », explique l'architecte Laurent Mermier, de Ship Studio à Lorient. La partie haute du Polar Pod, qui mesurera au total 100 m, accueillera les 250 m² de laboratoires et d'espaces de vie. Ils seront trois marins de commerce et quatre scientifiques pour veiller à la bonne dérive de l'engin et à la mise en oeuvre des instruments de mesures. « Ça se bouscule pour faire partie de l'équipage », confiait le 7 juillet Jean-Louis Etienne et « il se pourrait même que le premier commandant soit une femme ! ».

Les objectifs scientifiques restent toujours les échanges atmosphère-océan, l'écoute par hydrophones, la validation des mesures satellites, et l'étude de la qualité de l'eau dans cette région, à travers, notamment, la présence des microplastiques.

14 M€ pour la construction

Pas moins de 52 institutions de douze pays différents ont manifesté leur intérêt. Les premiers financements sont arrivés de l'État français qui a permis ces essais et leurs interprétations par l'Ifremer. Prochaine étape : « Un appel à projet pour la construction (14 M€) avant la fin de l'année », espère Jean-Louis Etienne. « Une construction courant 2018-2019, des premiers essais autour de 2020 pour une première mission autour de 2022 ».

Un article de Stéphane Jézéquel, de la rédaction du Télégramme

 

(© : POLAR POD)

(© : POLAR POD)

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