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Polder à Brest : la drague River Scheldt commence ses opérations

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Polder à Brest : la drague River Scheldt commence ses opérations

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La drague aspiratrice Scheldt River, du groupe belge Deme, est arrivée à Brest. Elle devait y commencer les opérations de dragage hier soir, à proximité du polder.

Ce navire mesure 115.80 mètres de long sur 25 de large et 8.25 de tirant d’eau. D'une capacité de 8400 m3, c’est la deuxième drague autoporteuse de Deme fonctionnant au GNL. Comme la première, la Minerva, elles sont sorties du chantier chantier néerlandais Royal IHC. En janvier, la Minerva était le premier navire de ce type doté d’une telle propulsion à être mis à l’eau.

(© MICHEL FLOCH)

(© MICHEL FLOCH)

Il y a un peu moins d’un an, la digue arrondie longue de 900 mètres délimitant l’extension du nouveau polder avait rejoint le nouveau quai EMR après 18 mois de travaux maritimes conduits par Vinci côté quai et Bouygues côté digue. Plus tard, en mai, la Région avait annoncé avoir attribué la réalisation des opérations de dragage du port à la Société de dragage international (SDI, groupe Deme), Vinci construction maritime et fluviale, Vinci construction terrassement, Menard agence ouest et Idra environnement. Ce groupement doit draguer les vases à la base du nouveau quai EMR (une souille de -12 mètres sur 400 mètres de long), des autres quais et dans les chenaux d’accès du port de commerce, puis combler le casier de 14 ha en arrière du quai EMR avec les sédiments extraits (930.000 m3).

Avant la mis en oeuvre de la drague, une première étape a consisté a remplir le bassin avec de l’eau de mer pour s’assurer du bon fonctionnement de différents systèmes en place. Lors des opérations, « la crépine de la drague racle le fond aspirant les sédiments. La mixture est stockée au sein de la drague. Une fois pleine, elle se déplace et se connecte avec des canalisations flottantes » (installées depuis le mois de septembre), explique Filip Goris, directeur de projet du groupe Deme, en charge des travaux à Brest. « Les sédiments sont ensuite pompés vers la zone clôturée par les digues et le quai (formant le casier, NDLR). Les sédiments décantent dans cette zone et ainsi on va construire, chargement après chargement, le nouveau polder de Brest ». Il souligne que « le circuit ainsi créé est fermé, aucun sédiment n'est déversé dans la rade. Tout les sédiments sont valorisés pour la création du nouveau terre-plein. L’ingéniosité de cette méthode consiste dans la transformation, par un processus maitrisé de consolidation, des sédiments présent au fond du port pour le nouveau terre-plein. C’est un chantier qui se veut exemplaire environnementalement et durable par la valorisation des sédiments de dragage ». Seule « une petite partie des sédiments doit être stockée à part pour des raisons environnementales. Des zones de stockage spécifiques et séparées du nouveau polder ont été créées » dans ce but. Les opérations de dragage doivent s’achever en avril 2020. Six mois de travaux sont prévus pendant l’hiver et la printemps afin que les premiers bateaux transportant des colis lourds puissent accoster à partir de l’été 2020. Le polder pourra ensuite être aménagé en 2021, lors de la deuxième phase des travaux.(© MICHEL FLOCH)

(© MICHEL FLOCH)

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Ce vaste programme de travaux débuté en 2017, doit s'achever en 2022, pour un coût estimé de 220 millions d’euros. Il est financé principalement par la Région Bretagne (170 millions d'euros), propriétaire du port de Brest depuis 2007. Les autres contributeurs sont l’Union Européenne, Brest Métropole, le Département du Finistère et le CCI métropolitaine Bretagne Ouest. Quelques 80 entreprises sont mobilisées sur ce projet, 150 personnes travaillant sur le chantier (hors bureaux d’études).