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Polynésie : la dépollution du thonier chinois a commencé

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Polynésie : la dépollution du thonier chinois a commencé

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L’armateur a finalement présenté un plan de dépollution du Shen Gang Shun 1, thonier chinois échoué depuis le 21 mars à Arutua, en Polynésie française. Les opérations de dépollution ont pu commencer la semaine dernière pour pomper le carburant et les huiles à bord, mais aussi enlever le poisson et les appâts contenus dans les cales.

Lors d’une première phase, un barrage flottant avait été déployé vers le lagon pour limiter les risques de pollution. Par ailleurs, le 30 avril, le tribunal administratif de Papeete a condamné le propriétaire à dépolluer son navire sous astreinte de 500.000 Fcfp (plus de 4000 euros) par jour et à retirer l’épave du récif dans un délai de 15 jours, doublant l’astreinte si ce n’était pas réalisé. Finalement, un plan élaboré par TMP (Travaux maritimes de Polynésie, appartenant à la société Boyer) a été présenté le 2 mai.

La deuxième phase, consistant à dépolluer le navire, a donc pu être lancée. Le Tahiti Nui VIII, barge de la flottille administrative, a été affrété avec le soutien du remorqueur Aito 2. Les huiles et carburants sont pompés et transbordés sur le Tahiti Nui VIII, de même que le fréon, les peintures et batteries. Des agents spécialisés et équipés de la TSP (Tahitienne de secteurs publics) évacuent les 75 tonnes de poissons et appâts en putréfaction. La matière organique doit être rejetée en pleine mer, une fois triée. Deux catamarans servent également de base vie pendant les opérations, tandis que 34 personnes sont mobilisées pour ces opérations.

Lors de la troisième phase, consistant à déséchouer le navire, la TMP a prévu d’utiliser deux remorqueurs, le Aito Nui et le Aito 2. La présidence de la Polynésie française a exprimé des « réserves » sur cette opération, invitant à la « prudence », le navire étant largement engagé sur le récif. De plus, à ce stade, le plan présenté ne prévoit aucune indication sur les mesures qui seraient prises si la coque venait à se déchirer, ou si le navire venait à se disloquer lors des opérations de traction. L’ensemble des opérations relève de la responsabilité de la société Boyer agissant pour le compte du propriétaire.

Pour mémoire, ce palangrier long de 49 mètres pour 9 de large construit en 1990 est arrivé le 15 mars à Papeete pour réparer une avarie. Il en est reparti cinq jours plus tard, le 20 mars, après son ravitaillement. Le lendemain, à 8h20, le JRCC Tahiti a reçu une demande d’assistance. Le pêcheur venait de s’échouer à 200 milles de là, sur un récif de l’atoll d’Arutua, dans l’archipel de Tuamotu, à 370 kilomètres au nord-ouest de Tahiti. Les 36 membres d’équipage ont été évacués par hélicoptère Dauphin, avant d’être récupérés par deux navires chinois (semble-t-il du même armement) qui naviguaient dans la zone. Une négligence humaine pourrait être à l’origine du naufrage.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.