Croisières et Voyages
Ponant : Après les petits Explorer, un projet de grand Liner

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Ponant : Après les petits Explorer, un projet de grand Liner

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Reprise en 2015 par Artemis, la holding de la famille Pinault, Ponant déploie un nouveau plan de développement de grande ampleur. « Notre programme d’expansion couvre la période 2018-2020, voire 2022, avec un à deux nouveaux navires par an », nous expliquait en octobre dernier Jean-Emmanuel Sauvée. Le cofondateur et président de la compagnie de croisière française précisait à l’époque que plusieurs projets étaient à l’étude.  

Quatre navires d’expédition livrables en 2018 et 2019

Le premier, baptisé Explorer, a été annoncé mi-mars. Il porte sur la réalisation de quatre navires de 127 mètres de long pour 18 mètres de large, affichant une jauge d’environ 10.000 GT et disposant de 92 cabines. Commandés à Fincantieri, qui a livré entre 2009 et 2015 Le Boréal, L’Austral, Le Soléal et Le Lyrial (142 mètres, 10.700 GT, 122 à 132 cabines), les Explorer seront réalisés par les chantiers norvégiens Vard, filiale du groupe italien. Leur mise en service est prévue en 2018 et 2019.

 

Le projet Explorer (© PONANT)

Le projet Explorer (© PONANT)

 

Ces nouvelles unités d’expédition permettront de compléter les Boréal, ainsi que le voilier Le Ponant (88 mètres, 32 cabines), avec lequel la compagnie a débuté son activité en 1990. Les Explorer pourront comme leurs quatre aînés être exploités dans les zones polaires, et permettront aussi à l’armateur français de développer ses « croisières vertes » vers l’Amazonie, le Costa-Rica, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l’Océan Indien, ainsi que ses « expéditions bleues » à travers l’Océanie.

 

Le Ponant (© PONANT)

Le Ponant (© PONANT)

 

Une unité océanique de 30.000 GT et 225 cabines

Mais Ponant ne compte pas se contenter des Explorer et travaille d’ores et déjà sur un autre projet majeur. Connu dans les coursives sous le nom de « Liner », il s’agit cette fois de réaliser un navire beaucoup plus grand, tout en restant dans un gabarit au-dessus duquel les dirigeants de la compagnie estiment ne pouvoir proposer un produit de luxe tel qu’ils le conçoivent. Selon nos informations, ce navire devrait mesurer au moins 240 mètres de long, afficher une jauge de 30.000 GT et compter 225 cabines. Un gabarit par exemple mieux adapté aux longues navigations océaniques, comme les tours du monde, tout en étant suffisamment compact pour accéder à la plupart des ports.  

 

Projet de voilier communiqué dans le rapport Maillot (© PONANT)

Projet de voilier communiqué dans le rapport Maillot (© PONANT)

 

Le quatre-mâts

Initialement, Ponant avait imaginé renouer avec la voile en travaillant sur un très beau concept de grand quatre-mâts. Un visuel de ce projet avait d’ailleurs été remis au ministère des Affaires étrangères et du Développement international en 2015, lorsque le quai d’Orsay avait confié à Jacques Maillot une mission sur le développement de la croisière maritime et fluviale en France. A l’époque, Ponant plaidait auprès de l’Etat pour obtenir la fameuse « Coface inversée », en clair pouvoir bénéficier des mêmes avantages que ceux dont disposent avec les dispositifs d'assurance crédit export les armateurs étrangers faisant construire leurs paquebots dans l’Hexagone. Une évolution que le gouvernement a actée en fin d’année, permettant aux compagnies françaises de bénéficier de ces garanties d’emprunt.

La Coface inversée facilite le choix de Saint-Nazaire

Malgré sa mise en place, ce système n’a pas été utilisé pour le programme Explorer, certains s’étonnant que ces navires ne soient pas commandés à Saint-Nazaire. La raison ne serait en fait pas financière. Simplement, STX France est extrêmement chargé et le chantier ne pouvait apparemment pas livrer les quatre navires dans les délais souhaités par l’armateur. De plus, ces petits bateaux se prêtent assez mal à l’outil industriel du chantier français, optimisé pour la production de navires plus gros.

Avec le projet Liner, la situation est différente et STX France serait cette fois sur les rangs, même si le projet a entretemps évolué.

Retour à un navire classique

Ponant aurait en effet renoncé au concept de voilier. Même s’il n’est pas à exclure qu’il voit le jour à l’avenir, la compagnie aurait finalement préféré, pour l'instant, revenir à un navire classique, plus facile à aménager qu’un bateau dont les mâts pénètrent dans la coque et sont donc très contraignants pour la conception des espaces intérieurs. Sans compter qu'ils génèrent un important tirant d'air parfois incompatible avec les ponts enjambant certains ports. 

La mise en service du Liner n’interviendra sans doute pas avant 2020, voire 2021. Tout dépendra de la disponibilité des chantiers, des ressources financières et du déroulement de la stratégie de développement de l’armateur français.

 

Le projet Explorer (© PONANT)

Le projet Explorer (© PONANT)

 

Quatre bateaux en un an : Le premier challenge à relever

Car avant de faire construire le plus gros navire de son histoire, celui-ci doit déjà relever le défi que constituent les Explorer, qui seront dit-on particulièrement soignés en termes de design intérieur et permettront d’offrir des standards plus élevés que les derniers Boréal. Or, au-delà de la qualité de ces nouvelles unités d’expédition, avec lesquelles le concept de « yachting de croisière » devrait arriver à maturité, leur mise en service interviendra à un rythme incroyablement soutenu. Il semble en effet que les livraisons soient prévues en avril 2018, juillet 2018, janvier 2019 et avril 2019. Avec quatre nouveaux bateaux en 12 mois, Ponant va battre un record ! Tout le monde est donc sur le pont au sein de la compagnie et dans les chantiers pour sortir dans deux ans seulement la tête de série puis enchainer avec ses sisterships. Le challenge est énorme et, pour le relever, Ponant va devoir renforcer significativement ses équipes, tant au niveau du suivi de construction que des équipages ou encore de la direction commerciale. 

 

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