Croisières et Voyages

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Ponant fête ses 30 ans

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La numéro 2 français de la croisière et leader mondial des expéditions polaires célèbre ses 30 années d’existence. C’est le 1er avril 1988 que l’aventure a commencé à Nantes, où 14 jeunes officiers de la Marine marchande âgés de 23 à 29 ans, dont Jean-Emmanuel Sauvée et Philippe Videau, décident de créer l’armement, qui prend d’abord le nom Compagnie des Iles du Ponant (il deviendra Compagnie du Ponant en 2009 et simplement Ponant en 2014).

Son premier navire, construit à Villeneuve-la-Garenne, voit le jour en 1991. Il s’agit du voilier Le Ponant, un trois-mâts moderne de 85.5 mètres de long doté de 32 cabines toujours en activité. Une seconde unité neuve, Le Levant (99.6 mètres, 45 cabines), sort en 1998 des chantiers Alstom Leroux Naval de Saint-Malo. Puis vient en 2004 Le Diamant (124 mètres, 113 cabines), ancien ferry construit en 1974, converti en petit paquebot en 1986 et avec lequel la compagnie française débute son activité dans les régions polaires.

 

 

La même année, Ponant connait un premier tournant historique et quitte Nantes pour Marseille après son intégration au groupe CMA CGM, qui va lui permettre de concrétiser ses ambitions grâce à un ambitieux plan d’investissement qui se traduira par la construction de quatre nouveaux navires. Longs de 142 mètres et comptant 122 à 132 cabines, Le Boréal, L’Austral, Le Soléal et Le Lyrial sont livrés entre 2009 et 2015 par les chantiers italiens Fincantieri. Alors que Le Levant et Le Diamant sont vendus en 2012, les nouvelles unités, même si elles n’atteignent pas les standards des compagnies de luxe américaines, permettent à Ponant de consolider son positionnement dans les croisières haut de gamme et, surtout, sur les voyages d’expédition, en particulier vers l’Antarctique et l’Arctique. L’armement tricolore va d’ailleurs se faire une grande spécialité des croisières polaires, non seulement grâce au développement de superbes itinéraires, mais aussi en recrutant des équipes d’expédition composées de spécialistes de haut niveau, qui préparent les voyages, repèrent les meilleurs sites, encadrent et accompagnent les passagers, tout en leur donnant de nombreuses explications sur les régions traversées. La qualité de ces équipes et donc du contenu proposé aux clients pendant les croisières contribue sans nul doute au très grand succès que rencontre Ponant dans les pôles, où la compagnie est devenue leader du marché.

 

L'Austral en Antarctique (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

En 2012, CMA CGM, qui sort d’une passe difficile suite à la crise économique, cède ses parts à un fonds d’investissement, Bridgepoint, qui prend le contrôle de la compagnie et mène à bien le programme des quatre Boréal. Ce nouveau propriétaire ne reste toutefois que trois ans, puisqu’en 2015 la société est cédée à Artémis, la holding de la famille Pinault.

Avec celle-ci, Ponant va connaitre un développement spectaculaire, qui va lui permettre de passer d’ici 2021 de 5 à 12 navires et de 900 à 2000 membres d’équipage, pour un total de 460 départs proposés, contre 300 l’an dernier.

 

Les six futurs Explorer (© SDI)

 

C’est d’abord la série des navires d’expédition du projet Explorer, unités de 131 mètres et 92 cabines dont les quatre premiers exemplaires ont été commandés en 2016 à Vard, filiale de Fincantieri. Deux autres s’y sont ajoutés cette année. Les deux premiers, Le Lapérouse et Le Champlain, seront livrés au second semestre de cette année. Suivront en 2019 Le Bougainville et Le Dumont d’Urville (ex-Le Kerguelen) puis, en 2020, Le Bellot et Le Surville. Avec ces très beaux navires, la compagnie va clairement monter en gamme, avec des standards plus élevés que les Boréal. De plus, si les Explorer sont conçus pour pouvoir naviguer dans les zones polaires, les premiers au moins vont surtout permettre à l’armateur français de développer son activité dans les « croisières vertes » et les régions chaudes et lointaines, par exemple vers l’Amazonie ou encore au travers du Pacifique.  

Alors que les Explorer constituent la plus importante série de navires commandés jusqu’ici dans l’industrie des croisières de luxe, Ponant a également provoqué la surprise fin 2017 en annonçant la construction du premier paquebot brise-glace. Cet imposant navire de 150 mètres et 135 cabines, équipé d’une propulsion fonctionnant au GNL, sera livré en 2021 par Vard. Capable de briser jusqu’à 2.5 mètres de glace, il pourra accéder au pôle nord géographique et permettra à la compagnie, dans le grand sud, de pousser plus loin que la péninsule antarctique, où la fréquentation touristique ne cesse de croître.

 

Le futur Ponant Icebreaker (© SDI)

 

Pour la suite, d’autres projets sont dans les cartons et verront peut-être le jour. Ponant a notamment travaillé sur un concept de  « liner » d’environ 240 mètres et 225 cabines, ainsi que sur un nouveau voilier doté de quatre-mâts à même de succéder à son navire emblématique, qui approche la trentaine.

 

Concept de nouveau voilier imaginé par Ponant en 2016 (© SDI)

 

En attendant, il va déjà falloir gérer l’impressionnante croissance de l'offre commerciale et de la flotte, qui va plus que doubler en l’espace de quatre ans. Dans cette perspective, la compagnie a notamment lancé un vaste plan de recrutement, soit en tout 1100 personnels embarqués (dont 91 officiers) et 60 collaborateurs au siège.

Pour mémoire, Ponant arme ses navires sous le pavillon Wallis et Futuna, territoire océanien français. Les équipages sont constitués à un peu plus de 40% de navigants français en incluant les personnels hôteliers, avec 90% d’officiers français à l’ENIM. 

Ponant, qui revendique 300.000 passagers depuis sa création, dont 30.500 l'an dernier, est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux des voyages maritimes d’expédition et le n°1 pour les zones polaires. C’est la seconde compagnie française de croisières après l’armateur alsacien CroisiEurope, qui aligne une flotte en continuelle expansion (aujourd’hui de 50 navires) et accueille chaque année environ 200.000 passagers pour des itinéraires essentiellement fluviaux, mais aussi maritimes. Alors que le marché de la croisière poursuit son développement, un troisième acteur hexagonal, Latitude Blanche, vient également de se lancer et d’autres, dit-on, pourraient bien suivre prochainement. Signe que ce secteur se porte bien et présente de belles perspectives, comme le pressentaient les fondateurs de Ponant il y a trois décennies.

 

Compagnie du Ponant