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Ponant : la coque du Commandant Charcot est arrivée en Norvège
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Ponant : la coque du Commandant Charcot est arrivée en Norvège

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Partie le 29 mars du chantier Vard de Tulcea (Roumanie), où elle a été construite, la coque du futur Commandant Charcot de la compagnie française Ponant, est arrivée hier en Norvège, où le navire va être achevé par un autre site de Vard, celui de Søviknes. Le convoyage, qui a donc duré un mois, a été réalisé par le remorqueur Pegasus. Il s’est fait via la mer Noire, la Méditerranée, la Manche puis la mer du Nord, avec lors du franchissement de Gibraltar une rencontre avec trois navires de Ponant en route pour Marseille.

 

Rencontre avec Le Boréal, L'Austral et Le Lyrial près de Gibraltar (

Rencontre avec Le Boréal, L'Austral et Le Lyrial près de Gibraltar (© PONANT - SACHA LALANE)

 

Initialement, le convoi devait s’arrêter en avril à Saint-Nazaire, afin que la coque du Commandant Charcot reçoive ses deux moteurs de propulsion Azipod, qui devaient être fixés sous la poupe lors d’un passage en cale sèche dans la forme Joubert. En raison de l’épidémie de coronavirus, cette opération a néanmoins été reportée. Elle pourrait intervenir cet été ou à l'automne, ce qui va nécessiter un remorquage depuis la Norvège du Charcot vers l’estuaire de la Loire, où les pods du navire sont stockés.

En attendant, même si le navire n’a pas encore ses moteurs, qui ne sont de toute façon pas nécessaires avant les essais, Vard va poursuivre l’achèvement du Commandant Charcot à Søviknes. « Les travaux d’armement reprennent immédiatement pour la poursuite de la construction du navire », confirme Ponant à Mer et Marine. Sa mise en service demeure prévue au printemps 2021.

 

La coque du Commandant Charcot pendant son remorquage vers la Norvège (

La coque du Commandant Charcot pendant son remorquage vers la Norvège (© PONANT - LOIC JUGAULT)

 

Commandé en 2017 à Vard (filiale du groupe italien Fincantieri) pour un montant de 270 millions d’euros, Le Commandant Charcot sera le premier paquebot brise-glace de l’industrie de la croisière. Long de 150 mètres pour 28 mètres de large et une jauge d’environ 30.000 GT, ce navire de 135 cabines offrira une capacité de 270 passagers, servis par 187 membres d’équipage. Il a été conçu pour pouvoir s’enfoncer dans la banquise au cœur des zones polaires de l’Arctique et de l’Antarctique. Répondant à la norme Polar Code 2, ses capacités seront supérieures à celles de la plupart des brise-glace commerciaux, à l’exception notamment des nouveaux navires russes à propulsion nucléaire. Le navire de Ponant pourra briser une épaisseur de glace allant jusqu’à 2.5 mètres et des crêtes de compression (amoncellement au fil du temps de blocs de glace sous et au-dessus de la banquise) de plus de 10 mètres. Sa propulsion fonctionnera au gaz naturel liquéfié (GNL), ce qui permettra de réduire sensiblement, voire d’éliminer pour certains produits, les émissions polluantes (SOx, NOx et particules fines). Des batteries permettront de plus de pouvoir stopper les moteurs et fonctionner en tout électrique, sans aucun rejet, pendant plusieurs heures. 

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Compagnie du Ponant Vard