Croisières et Voyages
Ponant : Le Jacques Cartier rapatrié à Marseille suite à une épidémie de Covid

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Ponant : Le Jacques Cartier rapatrié à Marseille suite à une épidémie de Covid

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Après avoir réalisé depuis juillet une soixantaine de croisières sans problème, c’est finalement avec sa toute dernière de la saison, et probablement de l'année, que la compagnie française Ponant a été confrontée à une épidémie de Covid-19 sur l’un de ses navires. Il s’agit du Jacques Cartier, qui a été rapatrié à Marseille, où il est arrivé hier matin avec 165 personnes à bord (93 membres d’équipage et 72 passagers), dont 19 ont contracté le coronavirus.

Nouvelle campagne de tests et prise en charge à l’arrivée

Conformément aux exigences de l’Agence Régionale de Santé (ARS), un rapatriement sécurisé ou une prise en charge par les autorités sanitaires a été mise en place selon les cas, la compagnie indiquant que « 90% (sont) asymptomatiques », les autres ne présentant que « des symptômes légers ». Tous les occupants du navire ont été de nouveau testés à leur arrivée à Marseille. « Les derniers passagers ont débarqué à 18H10. Les tests antigéniques menés par l’ARS permettent d’établir le bilan final suivant : 12 membres d’équipage et 7 passagers », indiquait hier soir Ponant à Mer et Marine.

La croisière était partie le 25 octobre de Malte

Livré le 10 juillet par le chantier Vard de Søviknes, en Norvège, Le Jacques Cartier, flambant neuf, est le sixième et dernier exemplaire de la série des Explorer, des navires de 131 mètres, 10.038 GT de jauge et 92 cabines. Après avoir débuté sa saison inaugurale sur le programme de croisières françaises proposées cet été par Ponant, il avait été repositionné en Méditerranée fin septembre. Pour sa dernière traversée de la saison, le navire était parti le 25 octobre du port de La Valette, à Malte, et devait rejoindre le 2 novembre Athènes, en Grèce.

Deux membres d'équipage comme premiers cas testés positifs

Les deux premiers cas positifs ont été détectés à l’occasion de tests réalisés à bord dans la soirée du 25 octobre, c’est-à-dire quelques heures après le départ de cette croisière. Il s’agit de deux membres du staff, en l’occurrence des musiciens. Cela, malgré les tests réalisés avant embarquement et les protocoles stricts imposés au personnel, l’histoire démontrant la complexité, malgré toutes les mesures qui peuvent être prises, de garantir une « bulle sanitaire ». Alors que le premier musicien testé positif fut le guitariste, c’est l’itinéraire du second, un pianiste, qui est le plus surprenant : « Un membre d’équipage (le pianiste), a été testé négatif 48 h avant son embarquement à Marseille, a été testé positif lors de l’embarquement (2nd test). Il a été soumis à un 3ème test réalisé par un établissement de santé officiel français à terre. Ce 3ème test s’est avéré négatif, l’embarquement a donc été autorisé. Il a été le deuxième cas positif dépisté, après le guitariste identifié en premier et cas contact du pianiste. Par ailleurs, le pianiste est le seul à être repassé négatif (à Syracuse le 28/10) », nous a précisé la compagnie. Celle-ci rappelle que « tous les membres d’équipage sont testés avant embarquement et ensuite soumis à un protocole strict à bord ». Et assure, concernant les éventuelles descentes pendant les escales, qui par définition peuvent être des sources de contamination, que « pour l’ensemble de l’équipage, les sorties à terre sont réduites au minimum et contrôlées, selon le protocole sanitaire en vigueur, avec port du masque, gestes barrières et distanciation sociale obligatoires ».

Immobilisé dès le lendemain du départ à Syracuse

Après la découverte de ces premiers cas dans la soirée du 25 octobre, Le Jacques Cartier est arrivé le lendemain en Sicile, où il est finalement resté quatre jours à quai. « En phase avec la procédure Ponant et en accord avec les autorités italiennes, une campagne de dépistage par test PCR a été immédiatement déclenchée sur l’ensemble des passagers et des membres d’équipage établissant à 17 le nombre total de suspicions de cas positifs (*). Dès lors, ils ont été placés à l’isolement dans leurs cabines, sous surveillance sanitaire du médecin à bord, sans qu’il y ait d’inquiétude de la part du corps médical italien ou français ».  La situation sanitaire n’a nécessité aucun débarquement et il alors été décidé de rapatrier le navire vers Marseille. Avec l’obligation, pour cela, d’obtenir le feu vert de la préfecture puisque depuis la mise en place du nouveau confinement en France la semaine dernière, les navires de croisière sont interdits de naviguer dans les eaux tricolores. La dérogation obtenue, Le Jacques Cartier a pu appareiller de Syracuse le 30 octobre et rallier la cité phocéenne. C’est là, hier, que des cas supplémentaires ont été testés positifs suite à la campagne de tests antigéniques menés par l’ARS.

« Le protocole Anti-Covid de Ponant a fait ses preuves »

Chez Ponant, on accuse forcément le coup car la compagnie avait mis en place, avant de reprendre ses croisières en juillet, un protocole sanitaire présenté comme extrêmement robuste et qui, selon elle, a été efficace au regard de la saison passée : « au cours de ces quatre derniers mois d’exploitation, avec plus de 60 croisières opérées et 3500 passagers transportés, le protocole Anti-Covid de Ponant a fait ses preuves. Depuis le 11 juillet, la compagnie a continuellement optimisé la maîtrise des risques liés au Covid-19 : ce dispositif a été éprouvé et amélioré en continu ».

Reste maintenant à tenter de savoir de quand date la première contamination sur Le Jacques Cartier et comment, malgré toutes les précautions prises, le virus a pu toucher plus de 10% des occupants du navire (13% de l’équipage, 9.7% des passagers).  

Tous les navires cessent leur activité, sauf Le Soléal employé comme hôtel flottant

Quoiqu’il en soit, l’évolution de la situation sanitaire dans le monde, en Europe en particulier, oblige la compagnie, dont la flotte compte aujourd’hui onze navires en service (Le Ponant étant toujours en refonte à Gênes), à cesser pour le moment ses activités : « Aujourd’hui,  la deuxième vague de pandémie, les contraintes administratives et sanitaires croissantes et le confinement réinstauré le vendredi 30 octobre par le gouvernement français rendent l’opération de nos croisières de plus en plus difficile, sans que cela ne remette en question la pertinence du protocole Ponant ». Même les croisières en Polynésie d’arrêtent jusqu’à la fin de l’année. Alors que Le Paul Gauguin est maintenant à quai à Papeete, seul Le Soléal continue temporairement d’accueillir des clients, non pas pour des croisières mais dans le cadre d’un affrètement en tant qu’hôtel flottant pour quelques semaines (il est amarré lui aussi dans le port de Tahiti). Tous les autres navires de la flotte ont cessé leurs opérations.

En plus du Jacques Cartier, L’Austral, Le Lyrial, Le Champlain et Le Bellot sont à quai à Marseille, alors que Le Dumont d’Urville et Le Bougainville ont rejoint Caen pour leur hivernage. Le Boréal a quant à lui rejoint la Polynésie et Le Lapérouse, parti fin octobre de Nouméa, est annoncé en route pour Singapour.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

(*) Après cette première déclaration dans la matinée, la compagnie a donné dans la soirée des chiffres légèrement différents : « Le navire a appareillé de Syracuse avec 13 cas positifs (10 membres d’équipage et 3 pax), tous testés PCR par un labo à terre. Le crew supplémentaire  a été testé positif durant la traversé (testé PCR par les moyens du bord). Cela fait donc 14 cas positifs à l’arrivée ce matin à Marseille ». Un bilan qui a donc été porté à 19 à l’issue des tests antigéniques réalisés par l’ARS.

 

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