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Ponant : Les ex-Otages rentrent au pays et les pirates devraient être jugés en France

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Ponant : Les ex-Otages rentrent au pays et les pirates devraient être jugés en France

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C'est hier soir que l'Airbus ramenant en France les 30 membres d'équipage du Ponant est arrivé à Orly. Les marins du navire de croisière, détourné le 4 avril dans le golfe d'Aden, ont été accueillis par Nicolas Sarkozy, accompagné des ministres de la Défense et des Transports, Hervé Morin et Dominique Bussereau. Retenus durant une semaine par des pirates somaliens, les 22 Français, 6 Philippins, un Ukrainiens et un Camerounais avaient été rapatriés à Djibouti à bord du porte-hélicoptères Jeanne d'Arc. Après une petite dizaine d'heures de vol, ils ont pu, enfin, retrouver leurs proches. L'occasion aussi, pour l'équipage du Ponant, de donner quelques détails sur ce qui s'est passé, durant sept jours, au large de la Somalie. Les conditions de détention « n'ont pas été mauvaises » a expliqué Patrick Marchesseau. Selon le capitaine du voilier, « On a jamais été ligotés ni attachés. L'ensemble de notre équipage était réuni à un même endroit selon le moment de la journée ou de la nuit, on avait établi un dortoir commun dans le navire et en général j'étais à la passerelle avec un autre garde ». Patrick Marchesseau fut le dernier marin du Ponant à rester avec les pirates. C'était vendredi dernier, au moment ou les commandos français remettaient, entre le Ponant et la frégate Jean Bart, la rançon de 2 millions de dollars aux pirates. « On a rassemblé tout l'équipage au pont supérieur avec trois miliciens armés, en liaison radio avec le navire militaire. Ils ont reçu l'ordre de libérer d'abord les 29 membres d'équipage, qui sont partis en zodiaque vers le navire militaire. Je suis resté seul 15 minutes avec les trois miliciens, qui eux sont partis avec leur embarcation. Moi, j'ai sauté à l'eau », précise le commandant.

La frégate Jean Bart à couple du Ponant (© : MARINE NATIONALE)
La frégate Jean Bart à couple du Ponant (© : MARINE NATIONALE)


« Très fiers d'eux »

Armateur du Ponant, CMA CGM exprime « sa joie et son soulagement de retrouver l'équipage du Ponant sain et sauf, en bonne santé, suite à l'épreuve très difficile qu'il vient de traverser. Nous sommes sincèrement très fiers de chacun d'entre eux, et particulièrement du Commandant Marchesseau. Le professionnalisme et le sang-froid dont ils ont fait preuve resteront à jamais exemplaires ». Selon le groupe maritime français, « ce dénouement heureux est le fruit d'un protocole de libération mené en étroite collaboration entre CMA CGM et les autorités françaises. Notre objectif prioritaire a toujours été la sécurité de notre équipage. Le Groupe tient aujourd'hui à remercier Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République, qui s'est personnellement engagé et impliqué, ainsi que l'ensemble des ministères concernés et les forces armées françaises ».

Golfe d'Aden : 1000 navires de CMA CGM y passent chaque année

A la suite du détournement du Ponant, l'Elysée a annoncé son intention de proposer plusieurs mesures à l'ONU afin de lutter contre la piraterie au large de la corne d'Afrique, dans le golfe de Guinée et dans le détroit de Malacca. La création d'une force maritime internationale est, notamment, suggérée. Comme les autres grandes compagnies et des organismes comme l'Institut Français de la Mer et le Cluster Maritime Français, CMA CGM salue cette initiative. « Notre souhait est aujourd'hui que la communauté internationale puisse sécuriser la circulation maritime dans toute cette zone, très fréquentée car incontournable, et où non moins de 1000 navires CMA CGM transitent chaque année. Ainsi, cette opération conjointement menée par le gouvernement français et le Groupe CMA CGM aura débouché sur la mobilisation des Nations Unies pour réfléchir à la création d'une force internationale visant à maintenir la liberté des mers ».
Concernant les suites judiciaires de l'affaire du Ponant, le parquet de Paris a ouvert hier une information judiciaire pour « détournement de navire en bande organisée », « arrestation et séquestration de plusieurs personnes comme otages en vue d'obtenir une rançon ». L'équipage va être entendu par les gendarmes. Quant aux six pirates interpellés par les militaires français en Somalie et détenus sur la frégate Jean Bart, ils devraient être jugés en France. Paris semble avoir obtenu, selon l'Express, le feu vert des autorités somaliennes pour que le procès se tienne en France. Les pirates, pourraient être transférés en avion et être interrogés sur le sol hexagonal dès demain.