Histoire Navale
Port-Vendres : Opération de déminage sur l’épave de l’Alice Robert

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Port-Vendres : Opération de déminage sur l’épave de l’Alice Robert

Histoire Navale

Le chasseur de mines Lyre et le bâtiment base de plongeurs démineurs Pluton ont appareillé hier de Toulon pour mettre le cap sur les Pyrénées Orientales. Embarquant une unité du groupe des plongeurs démineurs de la Méditerranée, les bâtiments doivent intervenir à partir d'aujourd'hui sur l’épave de l’Alice Robert, qui repose par 48 mètres de fond au large de Port-Vendres. L’objectif de cette opération, qui doit durer environ une semaine, est de neutraliser des obus et grenades anti sous-marines se trouvant à bord et autour de la carcasse de l’ancien cargo, coulé il y a près de 71 ans.

 

Le chasseur de mines Lyre (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le chasseur de mines Lyre (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Un ancien bananier pour les colonies

Construit en 1934 au Danemark, l’Alice Robert était un cargo de 89 mètres exploité initialement par Compagnie Franco-Coloniale de Navigation pour le transport de fruits entre les territoires ultramarins et la métropole. Une activité qui explique qu’on l’appelait « bananier », en référence aux produits transportés. Comme une grande partie de la flotte de commerce, l’Alice Robert fut réquisitionné en 1939 et équipé de deux canons de 90mm. Cet armement devait lui permettre de se défendre contre les bâtiments allemands, à commencer par les sous-marins. Après avoir assuré la liaison entre la France et les colonies d’Afrique de l’ouest, le cargo, qui pouvait atteindre la vitesse de 13 nœuds, fut transféré en décembre 1942 à l’Allemagne, qui a après l’invasion de la zone libre et le sabordage des forces navales françaises à Toulon, décida de s’emparer de la flotte de commerce tricolore et de quelques unités militaires récupérables.

Coulé sous pavillon allemand par le HMS Hunt

Rebaptisé SG-11, l’Alice Robert, devenu croiseur auxiliaire, comme on appelait à l’époque ces cargos armés, reçut de nouvelles pièces d’artillerie, notamment pour la défense aérienne, ainsi que des grenades pour la lutte anti-sous-marine. Le navire assure notamment l’escorte de convois allemands en Méditerranée. Il fut coulé le 2 juin 1944 par le sous-marin britannique HMS Hunt. Gravement touché à la poupe, l’ancien cargo français sombre en une demi-heure, 27 de ses 202 membres d’équipage.  

 

L'épave de l'Alice Robert (© JEROME IZARD)

L'épave de l'Alice Robert (© JEROME IZARD)

 

On notera que l’épave de l’Alice Robert est très prisée des plongeurs, qui la considèrent comme l’une des plus riches et intéressantes du secteur. Un attrait qui justifie notamment de sécuriser le site, ce qu’a entrepris la Marine nationale.  L'opération est dans les tuyaux depuis un moment mais, les moyens de déminage étant extrêmement sollicités par le traitement des engins explosifs historiques retrouvés chaque semaine le long du littoral français, il n'avait pas encore été possible de la mener à bien. Jusqu'à ce qu'une opportunité se dessine et que toutes les conditions soient réunies, notamment la disponibilité des moyens et une fenêtre météo favorable. 

 

- Voir des images sous-marines sur Epaves-passion.com

 

 

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